Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for mai 2008

Siège du gouvernement du dalaï-lama en exil, la petite ville de Dharamsala, dans le nord de l’Inde, accueille depuis le 24 mai 2008 les premières olympiades cent pour cent tibétaines dans une atmosphère bon enfant. 

Une heure de yoga pour s’échauffer, avant le petit-déjeuner. Les athlètes de Bouddha font d’abord transpirer leur esprit, avant (éventuellement) de faire travailler leurs muscles. Chacun a ses psychologues et son entraînement de l’âme. Ce sont les jeux de ceux qui ne peuvent jouer. Les jeux des exilés, expulsés de chez eux, sans nationalité ni passeport, de ceux qui ne peuvent se rendre à Pékin car leur drapeau n’y est pas admis. Ici, nul besoin de gymnase : c’est dans le temple que l’on médite et que l’on prie. C’est ici, à Dharamsala, petite ville de l’Inde du nord, où le dalaï-lama s’est exilé en 1959 et où vivent 80 000 réfugiés du Tibet, qu’ont commencé hier les premiers – et peut-être derniers – jeux olympiques tibétains.

Il s’agit de montrer au monde que même les Tibétains peuvent – et doivent – faire du sport. Le sport est pourtant interdit aux moines bouddhistes : les hautes autorités religieuses considèrent le football et le basket comme de dangereuses distractions. Le village olympique consiste en tout et pour tout en une modeste pension de famille : lits de camp, WC collectifs, gros cadenas, et, au déjeuner, mangues, pastèques et papayes en guise de compléments alimentaires. Pourtant, presque tous les participants possèdent un téléphone portable. Leur slogan : « Un monde, plusieurs rêves », fait écho – non sans polémique – à celui des Jeux de Pékin : « One World, One Dream ». Hier, on a commencé par le tir à l’arc, puis on poursuit avec la course de fond : comme il n’y a pas de stade, on court du temple Tsuglag-khang au village de Naddi ; ensuite, les épreuves de natation se dérouleront dans la petite piscine d’une auberge, avant les six épreuves d’athlétisme. Les hommes et les femmes sont séparés, mais chaque concurrent est tenu de participer à toutes les compétitions. Les participants doivent avoir entre 15 et 30 ans. L’équipement ressemble à celui d’une fête de village : quatre fusils à air comprimé et dix javelots en bambou, loués à une école. Les survêtements – rouges pour les hommes, blancs pour les femmes – fournis par une société indienne sont en synthétique : on transpire rien que de les voir. A Dharamsala, la chaleur est étouffante et humide : le matin, la ville est sous la brume, et il pleut l’après-midi. Le médecin ? Une vétérinaire australienne, Catherine Shuetze, également responsable des finances.

Le Pierre de Coubertin tibétain s’appelle Lobsang Wangyal, et il n’est pas baron : il a 38 ans, mais en déclare 42 quand il est en présence d’une femme (« L’homme mûr a plus de chances », dit-il). Il est né à Orissa, dans l’est de l’Inde, où ses parents ont émigré en 1959. Il se présente comme un impresario, il a d’ailleurs une maison de production. C’est lui qui a organisé Miss Tibet, un concours de beauté qui a réuni six participantes.
Lobsang n’est pas moine, il s’habille comme un acteur : chemise orange, jean, faux sabots crocs rose et lunettes de soleil rose, queue-de-cheval et boucle d’oreille. « Cette idée m’est venue en 2001, quand les Jeux olympiques ont été attribués à Pékin. J’étais très heureux pour le peuple chinois qui mérite cet événement. Je ne suis pas pour le boycott, je suis pour les athlètes. Ce sont leurs Jeux ; mais ce ne sont pas les Jeux du gouvernement chinois, qui détruit l’environnement et les hommes avec sa politique désastreuse. Alors je me suis dit : nous qui ne pouvons pas participer aux JO, au lieu de nous apitoyer sur notre sort, essayons d’organiser nos propres jeux. Je me suis renseigné : la tradition tibétaine prévoit des épreuves de soulèvement de rochers et des courses à cheval. Mais soulever des pierres est épuisant, et qui sait encore monter à cheval de nos jours ? J’ai donc choisi d’autres épreuves : en athlétisme, le 80 mètres sans obstacles, parce que notre région est montagneuse et n’offre pas de ligne droite longue de 100 mètres. Pour la natation, j’ai trouvé une piscine de moins de 20 mètres : aucun style n’est imposé, il suffit de faire des longueurs. »

Le dalaï-lama n’a pas eu vent de cette initiative, alors qu’il vit ici : « Je ne vais pas aller le déranger pour ça ! C’est une haute personnalité, il voyage dans le monde entier, il a d’autres interlocuteurs. Et je ne cherche pas spécialement à avoir son approbation. D’ailleurs, les moines déconseillent les jeux de ballon : ils disent qu’on shoote sur la tête de Bouddha. En réalité, on joue en cachette. Je me suis simplement inquiété de savoir si le Comité international olympique pouvait me faire un procès parce que j’ai employé l’expression « jeux olympiques » (au début, je voulais appeler ces jeux Tibetan Olimpia). Notre flamme s’est déplacée dans douze villes : elle n’a pas apporté la misère, mais la joie. Beaucoup de gens m’ont soutenu, mais peu de partenaires ont accepté de m’aider : tout le monde a peur de se mettre la Chine à dos. Seul le ténor Luciano Pavarotti [décédé en septembre 2007] finançait généreusement nos écoles. Je remercie Ruthie, de Seattle, qui a fait le don le plus important : 2 000 dollars. Aujourd’hui, je n’ai que 400 dollars en poche. J’espère gagner de l’argent avec la vente de gadgets, de tee-shirts et de billets. Les médailles ont un prix : 2 500 dollars pour l’or, 1 250 pour l’argent et 625 pour le bronze. Je ne sais pas si j’arriverai à trouver tout cet argent. Mais le plus important, c’est de nous moderniser. Mon père est mort d’une cirrhose du foie, il buvait trop. Notre style de vie doit changer : moins de viande séchée et d’aliments fermentés, plus de légumes et de céréales. La santé, c’est très important. »

On attendait 29 concurrents ; pour l’instant, on ne compte que 13 hommes et 7 femmes. Yangchen Palno Artsa, femme mariée de 27 ans, vient de Delhi, où elle tient une boutique d’art tibétain. Elle dit qu’elle a fait du sport à l’école, puis qu’elle a arrêté, parce qu’elle devait gagner sa vie. Elle espère obtenir un bon score dans la course à obstacles. Tashi Yengzom, 24 ans, est née à Tingree, en Inde ; elle vient juste participer, elle ne pense pas être performante. Dolkar Tso, vingt ans, vient d’Amdo Golog ; elle porte autour du cou un rang de perles avec l’image du dalaï-Lama. Les jeunes femmes portent des bagues, des boucles d’oreilles, du vernis à ongles,mais elles restent timides. Les hommes ont du gel dans les cheveux et portent des tee-shirts (de contrefaçon) à la mode. Ten Chanpel, 26 ans, vit à Delhi. Il se vante de pouvoir courir le 100 mètres en 11 secondes : qu’importe si c’est un mensonge. Dawa Tashi, 24 ans, est le plus athlétique, peut-être parce qu’il est guide de montagne : il fait du trekking dans le Ladakh [région du Cachemire] et grimpe jusqu’à 6 000 mètres. Il dit qu’il peut marcher 50 km par jour et qu’il est habitué à nager dans les fleuves. Il y a également un moine, le seul de l’équipe : Tenzin Leksmey, 25 ans, peu coutumier du survêtement. Il vient du monastère de Sera, dans le nord de l’Inde, il aime courir, sauter et jouer au foot. Enfin, il y a Gyatso, 28 ans, fils de bergers nomades, né dans le Kham [dans l’est du Tibet] ; il vit de petits commerces à Delhi, et il est passionné de foot, lui aussi rêve de David Beckham. Son seul record à l’heure actuelle est d’avoir fui le Tibet (en passant par le Népal), en marchant, de nuit, pendant vingt-quatre jours.

Source : Courrier International.

Publicités

Read Full Post »

Ichar

L’objectif de TOKSPO qui signifie amitié en tibétain est de participer, aux côtés de nos amis Zanskarpas, au développement durable du petit village de Ichar situé au ZANSKAR et de sa vallée, une zone retirée de l’Himalaya indien. et en particulier d’aider à la scolarisation des enfants. L’association Tokspo a été créée en mars 2007, par des membres du Club Alpin Français de Faverges, après plusieurs voyages effectués au Zanskar.

En 2006, à l’occasion d’un trekking au Zanskar, nous avons fait la connaissance de Stanzin Gayzang et de Tachi Tsering.  Sur le chemin qui nous ramenait du monastère de Phuktal à Padum, ils nous ont invités à nous arrêter quelques jours dans leur village de Ichar où nous avons été reçus dans leurs familles. C’est alors qu’est née l’idée de créer en France une association pour participer, à leurs côtés, au développement de leur village.

A cette époque, les villageois désiraient construire un internat pour les élèves de l’école publique qui accueillait une soixantaine d’enfants, dont certains originaires de villages éloignés de un à trois jours de marche. Dans ce cas, les enfants étaient hébergés dans des « familles d’accueil ». Avec cet « hostel », ils espéraient pouvoir recevoir encore un peu plus d’élèves et assurer ainsi l’avenir de leur école qui par ailleurs fonctionnait très bien, animée par de jeunes instituteurs zanskaris motivés.

En mars 2007, l’association « Tokspo – Amitié France Ichar Zanskar » fut ainsi créée, et ses statuts furent déposés à la préfecture d’Annecy, en Haute-Savoie. Un diaporama d’André Rosset, sur le Pakistan et le Ladakh, fut organisé à la Soierie de Faverges pour marquer cette création. Très vite plusieurs dizaines d’adhérents ont répondu à notre appel, dont un nombre important de membres du Club Alpin de Faverges.

Pour commencer à réunir les fonds nécessaires, les premières « actions » ont été organisées : vente de pains lors du marché de Combloux en juillet, ou à l’occasion de l’assemblée générale du CAF, en novembre, participation au marché de Noël de Faverges en décembre,…

En savoir plus : www.tokspo.org

Sur le même sujet : Millet Expédition Project – Zanskar 2007
 

Read Full Post »

Le toit du monde sous pression.

Les JO, outil de propagande de la Chine.

Le relais de la flamme olympique qui doit passer par l’Everest, le plus haut sommet du monde, est une « farce », s’exclame l’alpiniste Reinhold Messner. Selon lui, la flamme ne peut pas brûler à de telles altitudes sans apport d’oxygène et les images TV de l’événement « ont déjà été tournées ».

«L’Everest est utilisé pour la campagne de propagande, dit-il – même si on n’aime pas s’entendre dire cela – en 1936 c’était la même chose avec les Nazis, les JO avaient été exploités pour une campagne de propagande aussi». Le 8 mai sera le 30e anniversaire de la première conquête du sommet le plus haut du monde sans bouteille à oxygène. Messner et son ami Peter Habeler ont été les premiers à y arriver. L’alpiniste et ancien membre du Parlement européen, Messner, est en colère au sujet des évènements qui ont lieu au Tibet.

Il a fait flotter un drapeau tibétain de 60 mètres carrés dans son musée de Sigmundskron dans le Sud Tyrol en Italie. «Il a été emporté par le vent mais nous allons en avoir un nouveau, plus grand encore et plus stable», a dit Reinhold Messner. «La Chine a raté sa chance, elle aurait pu être aimée de tous pour avoir donné au Tibet plus de liberté», a-t-il poursuivi. «Le monde aurait pu être aux pieds de la Chine». Reinhold Messner ne peut pas comprendre pourquoi la Chine n’a pas saisi cette opportunité.

L’HÉRITAGE TIBÉTAIN APPARTIENT AU MONDE ENTIER

La question du Tibet devrait concerner la communauté internationale tout entière, car «l’héritage tibétain appartient au monde entier. Sa culture est très riche, et tout le monde devrait la défendre. Cela doit se faire par des moyens appropriés. Aujourd’hui, les mots sont des armes. Nous devons demander plus de démocratie», dit Messner. Le relais de la torche olympique doit continuer à être employé pour dénoncer la tragédie des Tibétains.

Dans la Chine d’aujourd’hui, un système communiste s’allie à un capitalisme absolu et à des éléments fascistes. «Lorsque ces choses coïncident, le diable n’est pas loin», dit Messner. Lorsque les Jeux ont été attribués, c’était avec l’idée que les droits de l’Homme s’amélioreraient en Chine. Mais c’est le contraire qui s’est passé. Et les politiques sont dans une situation difficile maintenant. Ils vont être, d’après l’alpiniste, « frappés de toutes parts ». D’après lui, les Jeux olympiques doivent être une plateforme qui attirera l’attention sur les violations des droits de l’Homme.

Reinhold Messner se souvient à l’occasion du 30e anniversaire de sa première ascension de l’Everest sans bouteille d’oxygène. «Dans les année 90 la montagne a été enchaînée et encordée», a-t-il dit. Il critique la commercialisation de l’ascension de l’Everest et le manque de conscience écologique des alpinistes. A Sigmundskron, il expose une sculpture faite de 100 kg d’ordures ramassées sur l’Everest. «La montagne a un charme des plus puissants lorsqu’on ne tente pas de la domestiquer.»

Source : La Grande Epoque. Florian Godovits.

Read Full Post »