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Archive for the ‘Inde’ Category

Tsewang Norphel n’a pas l’allure d’un révolutionnaire, et pourtant ! Les deux mains dans les poches, droit comme  » i « , le cheveu de jais, le septuagénaire saute d’une roche à l’autre avec l’aisance d’une gazelle. Nous sommes à 4300 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans les hautes Himalaya indiennes au Ladakh, la partie orientale de l’Etat rebelle Jammu et Cachemire. Ici, les montagnes brunes sableuses ont cédé le paysage aux sommets enneigés sur fond de ciel bleu pétant.


Comme à tous les trois jours, l’ingénieur civil retraité est venu faire son tour pour suivre l’évolution du chantier. Un chantier peu ordinaire, puisqu’il s’agi d’une structure qui contiendra un  » glacier artificiel « . Un glacier qui mesurera deux kilomètres de long, soixante mètres de largeur et deux mètres de profondeur, et qui desservira trois cents familles en précieuse eau. Chhewang Norphel n’en est pas à ses débuts : il a déjà mis en place une dizaine de structures de la sorte, transformant le quotidien de milliers de villageois.

Des champs de glaces pas si éternelles

Son aventure a commencé en 1987. Natif de Skarra, un village en banlieue de Leh, la capitale du Ladakh, l’homme souffrait de voir ses concitoyens cruellement manquer d’eau. Quatre-vingt pourcent des Ladakhis vivent de l’agriculture et seuls cinq centimètres de pluie tombent annuellement dans cette région où la végétation arriverait à la cheville si ce n’était des longs peupliers plantés par ses habitants. Et avec les changements climatiques, leur drame s’accentue d’année en année.

 » Les glaciers fournissent neuf dixièmes de l’eau dont dépend les fermiers, fait remarquer l’ingénieur. Or, ils fondent à une vitesse alarmante.  » En effet, selon le World Glacier Monitoring basé en Suisse, ceux-ci perdent 5% de leur constitution annuellement. Ajoutez à cela des averses de neige de plus en plus rares et une industrie touristique toujours plus vorace qui fait monter en flèche la consommation d’eau, avec ses douches et ses toilettes à l’occidentale, et vous comprendrez que le Ladakh fait face à une crise de l’eau.

Tirer profit du froid

En voyant couler pendant l’été, inutilisée, l’eau de ces géants blancs qui libèrent des réserves cumulées sur des milliers d’années, Chhewang Norphel s’est dit  » pourquoi ne pas tirer profit du froid ?  » C’est ainsi qu’il en est venu à détourner des cours d’eau en provenance des sommets glacés, les réorientant vers l’ombre, où, au lieu de fondre et de se perdre, ils gèlent. La beauté des glaciers artificiels du Ladakhi est non seulement qu’ils sont le fruit d’une technologie simple et économique, faite de matériaux locaux et facile à maintenir pour les villageois.

Leur intérêt réside surtout dans le fait qu’ils sont plus près des villages que les glaciers naturels et qu’ils fondent plus tôt.  » Mes glaciers commencent à se liquéfier vers la fin mai, plutôt qu’en août, comme les vrais. De sorte que l’eau est disponible au moment propice de la moisson  » note l’ingénieur. Un avènement heureux, d’autant que le Ladakh, avec son sol hostile et ses températures qui atteignent les moins quarante degrés Celsius, connaît une seule moisson annuelle.

 
Nom de guerre :  » le Messie « 

La route qui mène à ses glaciers, là où personne ne va, Tsewang Norphel l’a construite lui-même.  » Je voulais amener les fonctionnaires voir le projet ; sinon, personne ne prendra quatre heures pour venir à pied  » fait-il valoir d’une voix douce, le sourire en coin. La route a également servi à conduire au sommet des Himalaya les villageois sceptiques. Parce qu’initialement, son projet faisait rigoler. Aujourd’hui, l’homme croule sous la reconnaissance internationale et les prix, et ici, on l’appelle  » le Messie « .

En dépit de son succès,  » le Messie  » peine à réunir les fonds nécessaires, pourtant modestes ; l’équivalent d’environ 3800 euros, pour la construction d’une structure pouvant accueillir un glacier artificiel. La corruption et la bureaucratie sont des freins de taille.  » Ces projets ne généreront pas de votes, donc les officiels du gouvernement ne s’y intéressent pas  » regrette-t-il. Pour l’instant, son glacier actuel, qui sera le plus imposant en taille, est financé par sa propre ONG, le Leh Nutrition Project, et l’armée indienne.

Mais tant que sa santé le lui permettra, Tsewang Norphel jure dur comme fer qu’il fera tout son possible pour conserver les indispensables ressources en or bleu dont dépendent les siens. Prions les dieux de l’eau pour qu’il gagne son pari, mais aussi pour qu’il fasse des émules à travers les Himalaya, où 1.3 milliards de personnes vivent de l’eau des glaciers. Et pourquoi pas, dans la région des Alpes.

 

Source : Le portail de la Water Economy.

Sur le même sujet

Fashioned from glacier melt.
An ingenious engineering scheme takes care of water-woes of three Ladakh villages

Tsewang Norphel build glacier in Leh.
  
– Glaciers artificiels au Ladakh.

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Siège du gouvernement du dalaï-lama en exil, la petite ville de Dharamsala, dans le nord de l’Inde, accueille depuis le 24 mai 2008 les premières olympiades cent pour cent tibétaines dans une atmosphère bon enfant. 

Une heure de yoga pour s’échauffer, avant le petit-déjeuner. Les athlètes de Bouddha font d’abord transpirer leur esprit, avant (éventuellement) de faire travailler leurs muscles. Chacun a ses psychologues et son entraînement de l’âme. Ce sont les jeux de ceux qui ne peuvent jouer. Les jeux des exilés, expulsés de chez eux, sans nationalité ni passeport, de ceux qui ne peuvent se rendre à Pékin car leur drapeau n’y est pas admis. Ici, nul besoin de gymnase : c’est dans le temple que l’on médite et que l’on prie. C’est ici, à Dharamsala, petite ville de l’Inde du nord, où le dalaï-lama s’est exilé en 1959 et où vivent 80 000 réfugiés du Tibet, qu’ont commencé hier les premiers – et peut-être derniers – jeux olympiques tibétains.

Il s’agit de montrer au monde que même les Tibétains peuvent – et doivent – faire du sport. Le sport est pourtant interdit aux moines bouddhistes : les hautes autorités religieuses considèrent le football et le basket comme de dangereuses distractions. Le village olympique consiste en tout et pour tout en une modeste pension de famille : lits de camp, WC collectifs, gros cadenas, et, au déjeuner, mangues, pastèques et papayes en guise de compléments alimentaires. Pourtant, presque tous les participants possèdent un téléphone portable. Leur slogan : « Un monde, plusieurs rêves », fait écho – non sans polémique – à celui des Jeux de Pékin : « One World, One Dream ». Hier, on a commencé par le tir à l’arc, puis on poursuit avec la course de fond : comme il n’y a pas de stade, on court du temple Tsuglag-khang au village de Naddi ; ensuite, les épreuves de natation se dérouleront dans la petite piscine d’une auberge, avant les six épreuves d’athlétisme. Les hommes et les femmes sont séparés, mais chaque concurrent est tenu de participer à toutes les compétitions. Les participants doivent avoir entre 15 et 30 ans. L’équipement ressemble à celui d’une fête de village : quatre fusils à air comprimé et dix javelots en bambou, loués à une école. Les survêtements – rouges pour les hommes, blancs pour les femmes – fournis par une société indienne sont en synthétique : on transpire rien que de les voir. A Dharamsala, la chaleur est étouffante et humide : le matin, la ville est sous la brume, et il pleut l’après-midi. Le médecin ? Une vétérinaire australienne, Catherine Shuetze, également responsable des finances.

Le Pierre de Coubertin tibétain s’appelle Lobsang Wangyal, et il n’est pas baron : il a 38 ans, mais en déclare 42 quand il est en présence d’une femme (« L’homme mûr a plus de chances », dit-il). Il est né à Orissa, dans l’est de l’Inde, où ses parents ont émigré en 1959. Il se présente comme un impresario, il a d’ailleurs une maison de production. C’est lui qui a organisé Miss Tibet, un concours de beauté qui a réuni six participantes.
Lobsang n’est pas moine, il s’habille comme un acteur : chemise orange, jean, faux sabots crocs rose et lunettes de soleil rose, queue-de-cheval et boucle d’oreille. « Cette idée m’est venue en 2001, quand les Jeux olympiques ont été attribués à Pékin. J’étais très heureux pour le peuple chinois qui mérite cet événement. Je ne suis pas pour le boycott, je suis pour les athlètes. Ce sont leurs Jeux ; mais ce ne sont pas les Jeux du gouvernement chinois, qui détruit l’environnement et les hommes avec sa politique désastreuse. Alors je me suis dit : nous qui ne pouvons pas participer aux JO, au lieu de nous apitoyer sur notre sort, essayons d’organiser nos propres jeux. Je me suis renseigné : la tradition tibétaine prévoit des épreuves de soulèvement de rochers et des courses à cheval. Mais soulever des pierres est épuisant, et qui sait encore monter à cheval de nos jours ? J’ai donc choisi d’autres épreuves : en athlétisme, le 80 mètres sans obstacles, parce que notre région est montagneuse et n’offre pas de ligne droite longue de 100 mètres. Pour la natation, j’ai trouvé une piscine de moins de 20 mètres : aucun style n’est imposé, il suffit de faire des longueurs. »

Le dalaï-lama n’a pas eu vent de cette initiative, alors qu’il vit ici : « Je ne vais pas aller le déranger pour ça ! C’est une haute personnalité, il voyage dans le monde entier, il a d’autres interlocuteurs. Et je ne cherche pas spécialement à avoir son approbation. D’ailleurs, les moines déconseillent les jeux de ballon : ils disent qu’on shoote sur la tête de Bouddha. En réalité, on joue en cachette. Je me suis simplement inquiété de savoir si le Comité international olympique pouvait me faire un procès parce que j’ai employé l’expression « jeux olympiques » (au début, je voulais appeler ces jeux Tibetan Olimpia). Notre flamme s’est déplacée dans douze villes : elle n’a pas apporté la misère, mais la joie. Beaucoup de gens m’ont soutenu, mais peu de partenaires ont accepté de m’aider : tout le monde a peur de se mettre la Chine à dos. Seul le ténor Luciano Pavarotti [décédé en septembre 2007] finançait généreusement nos écoles. Je remercie Ruthie, de Seattle, qui a fait le don le plus important : 2 000 dollars. Aujourd’hui, je n’ai que 400 dollars en poche. J’espère gagner de l’argent avec la vente de gadgets, de tee-shirts et de billets. Les médailles ont un prix : 2 500 dollars pour l’or, 1 250 pour l’argent et 625 pour le bronze. Je ne sais pas si j’arriverai à trouver tout cet argent. Mais le plus important, c’est de nous moderniser. Mon père est mort d’une cirrhose du foie, il buvait trop. Notre style de vie doit changer : moins de viande séchée et d’aliments fermentés, plus de légumes et de céréales. La santé, c’est très important. »

On attendait 29 concurrents ; pour l’instant, on ne compte que 13 hommes et 7 femmes. Yangchen Palno Artsa, femme mariée de 27 ans, vient de Delhi, où elle tient une boutique d’art tibétain. Elle dit qu’elle a fait du sport à l’école, puis qu’elle a arrêté, parce qu’elle devait gagner sa vie. Elle espère obtenir un bon score dans la course à obstacles. Tashi Yengzom, 24 ans, est née à Tingree, en Inde ; elle vient juste participer, elle ne pense pas être performante. Dolkar Tso, vingt ans, vient d’Amdo Golog ; elle porte autour du cou un rang de perles avec l’image du dalaï-Lama. Les jeunes femmes portent des bagues, des boucles d’oreilles, du vernis à ongles,mais elles restent timides. Les hommes ont du gel dans les cheveux et portent des tee-shirts (de contrefaçon) à la mode. Ten Chanpel, 26 ans, vit à Delhi. Il se vante de pouvoir courir le 100 mètres en 11 secondes : qu’importe si c’est un mensonge. Dawa Tashi, 24 ans, est le plus athlétique, peut-être parce qu’il est guide de montagne : il fait du trekking dans le Ladakh [région du Cachemire] et grimpe jusqu’à 6 000 mètres. Il dit qu’il peut marcher 50 km par jour et qu’il est habitué à nager dans les fleuves. Il y a également un moine, le seul de l’équipe : Tenzin Leksmey, 25 ans, peu coutumier du survêtement. Il vient du monastère de Sera, dans le nord de l’Inde, il aime courir, sauter et jouer au foot. Enfin, il y a Gyatso, 28 ans, fils de bergers nomades, né dans le Kham [dans l’est du Tibet] ; il vit de petits commerces à Delhi, et il est passionné de foot, lui aussi rêve de David Beckham. Son seul record à l’heure actuelle est d’avoir fui le Tibet (en passant par le Népal), en marchant, de nuit, pendant vingt-quatre jours.

Source : Courrier International.

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Lancement du magazine Bouts du Monde : le numéro un, tiré à 15000 exemplaires, sera dans les kiosques mercredi 5 mars au prix de 4,20 euros. Bouts du monde propose de publier récits, photos ou croquis des voyageurs.

Les voyageurs ont une manie : ils ont tous glissé un carnet dans le fond de leur sac. C’est là qu’ils griffonnent impressions, anecdotes ou réflexions sur ce nouveau monde qui les entoure, qu’ils esquissent quelques croquis, qu’ils collent un billet de train, etc.

L’ambition de Bouts du monde est d’offrir une tribune à tous ces souvenirs de voyage qui dorment bien sagement dans des cartons ou sur des disques durs d’ordinateur. Bouts du monde propose de raconter tous les dépaysements du voyageur, immortalisés à travers l’objectif de son appareil photo, grâce la plume de son crayon, ou sous le trait de ses croquis.

Dans le n°1 : Zanskar. Photographies noir et blanc de Jean-Marc Sauloup, parti à la rencontre des habitants du toit du monde.

Les voyageurs peuvent envoyer leurs récits, photos, croquis à la rédaction du Bouts du monde : boutsdumonde@gmail.com

Site : http://www.boutsdumonde.com

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Extrait de « Lettres du Zanskar », le bulletin semestriel d’information de l’association « Aide au Zanskar » (AaZ) . Il a pour mission d’informer, l’ensemble des adhérents(es), parrains/marraines, et les personnes sensibles à l’action de l’association, ou au bien-être des enfants du Zanskar. 
 

Dans son édito, Marc Damiens, fondateur écrit :
 
« La réalité.
 
Dans un Zanskar qui change à vitesse « grand V » avec les conséquences inévitables que l’on peut imaginer; la scolarisation des enfants dans leur région, proches de leur famille, reste malgré tout d’actualité.

Notre association ne s’est pas trompée en acceptant d’apporter son aide en 1988 lors du démarrage de la Lamdon Model School.
Il appartient aux seuls membres de AaZ de décider compte tenu du contexte nouveau, des conditions et de la nature exacte du soutien qu’ils entendent apporter pour les années qui viennent.

En acceptant en août 2007, de contribuer un peu plus chaque année aux frais d’études de leurs enfants, les parents semblent comprendre l’importance d’éviter une trop grande dépendance vis-à-vis de l’extérieur. Cette tendance est encourageante; cependant le nouveau Comité, élu en septembre 2006, devra montrer un autre visage et prouver sa réelle capacité à faire progresser l’école.

L’autosatisfaction qui règne en ce moment masque la réalité des petits, mais nombreux, problèmes au quotidien qui font marquer le pas à la LMHS.

Il y a besoin d’un nouvel élan, d’une sérieuse motivation, pour améliorer les résultats; l’école ne doit pas perdre le contact.
C’est le challenge incontournable qui doit être pris en compte aujourd’hui sur place. »
 
Le bulletin n°31 d’AaZ  est  i c i .
 
 

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De l’eau sur le toit du monde

Un hydrologue de génie, Ritesh Arya, a réussi à trouver de l’eau dans le sous-sol du Ladakh, la région la plus élevée du monde.
Cette découverte révolutionne le quotidien des habitants de cette région de l’Himalaya, explique l’hebdomadaire indien India Today.
 

Au cœur de l’Himalaya, à plus de 5 350 mètres d’altitude, la passe de Khardung La, balayée par les vents, est la route carrossable la plus élevée du monde. Nous sommes en Inde, dans la région du Ladakh. Ritesh Arya, hydrologue  intrépide, est sur le point de remporter son pari en découvrant des réserves d’eau souterraines à Khardung La, une prouesse plus formidable encore que son record mondial de forage de puits en haute altitude. Deux puits forés récemment à South Pullu et North Pullu [deux bases bordant le Khardung La] déversent déjà leur eau claire aux postes militaires et aux refuges de montagne situés de part et d’autre de la passe, à respectivement 4 663 mètres et 4 693 mètres d’altitude.

Il y a un mois encore, la seule source d’eau potable se trouvait dans les lointains réservoirs d’eau de Leh [capitale du Ladakh] et de Partapur, au pied du glacier de Siachen [à la frontière chinoise]. « C’est vraiment un miracle de parvenir à trouver des nappes d’eau souterraines à cette altitude », lance un officier du poste militaire de South Pullu, situé dans une zone granitique. D’après les connaissances des géologues, le granite est trop imperméable pour laisser filtrer l’eau. Mais Arya avait repéré, à 6 kilomètres en contrebas de la route, une vallée encaissée pleine de débris rocheux au pied du glacier, indice certain de la présence d’eau souterraine provenant de la fonte du glacier. Deux jours après, il faisait forer un puits à 90 mètres de profondeur, en plein dans une nappe d’eau.

Arya prépare ses opérations de forage après avoir étudié les versants rocheux environnants. En combinant son expérience de terrain en tant que géologue spécialiste de l’Himalaya et une approche inédite en matière de prospection, cet hydrologue converti en professionnel du forage a ouvert de nouvelles perspectives en matière d’exploitation des réserves d’eau dans le désert de haute altitude de Ladakh. Au cours des douze dernières années, Arya a foré plus d’une centaine de puits en terrains inhospitaliers ou dangereux, où aucun géologue ni agence gouvernementale n’avaient osé s’aventurer auparavant. Du glacier de Siachen et de la vallée de l’Indus jusqu’aux hauteurs de Leh et de Kargil [seconde ville la plus peuplée du Ladakh], les efforts d’Arya permettent d’alimenter les soldats et les habitants en eau quelles que soient les conditions climatiques.

Le travail de pionnier d’Arya pourrait également permettre de redéfinir l’hydrologie de l’Himalaya et de modifier les dispositifs traditionnels en matière d’eau potable et d’irrigation dans la région du Ladakh, où la faiblesse des précipitations contraint les habitants à utiliser les eaux de surface du fleuve Indus ou les rivières de montagne descendant du glacier. Outre un déficit d’eau chronique, cette région souffre de problèmes liés au mélange de limon dans l’eau lors de la fonte des glaces en été, et du gel des eaux de surface en hiver. A Leh, 10 % seulement de la population est alimentée en eau courante par les nappes souterraines, le reste devant s’approvisionner aux réservoirs d’eau.

L’exploitation des eaux souterraines, confiée au Central Ground Water Board [organisme rattaché au ministère chargé de la gestion des ressources en eau], s’est limitée aux zones proches de l’Indus. Au-delà de ces limites, l’exploration a toujours été déconseillée au motif qu’un désert montagneux ne pouvait pas disposer de réserves d’eaux souterraines. Mais, en 2006, Arya a fait voler en éclats ce préjugé en forant un puits pour l’armée à plus de 4 200 mètres d’altitude, à Chushul, près de la frontière chinoise. Cet exploit lui a d’ailleurs valu d’entrer dans le Livre des records. « Cela revient à redéfinir les principes de base de la géologie et de la physique en haute altitude », explique-t-il, avant d’ajouter que « l’exploitation systématique des nappes souterraines inutilisées pourrait être à l’origine d’une révolution verte dans ce désert glacé »

Source : Courrier International

Article original : « The Incredible Waterman » 

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Le glacier de Siachen , situé en amont de la vallée de la Nubra, au Ladakh, devrait être ouvert aux trekkeurs étrangers à partir de 2008. C’est ce qu’ont annoncé des officiels de l’armée indienne début septembre 2007.

Le plus long glacier du monde (78 km), a également été longtemps le plus haut conflit de la planète, opposant l’Inde et le Pakistan, à plus de 6000 m d’altitude. Un cessez-le-feu est en vigueur depuis plus de quatre ans et des personnalités du monde entier ont lancé un appel pour la création d’un Siachen Peace Park.

Aucune information n’a filtré pour le moment sur les formalités à accomplir pour parcourir ce nouvel itinéraire (les enquêteurs de TrekMag sont sur le terrain !).

La première expédition civile, constituée de femmes d’origine indienne, devait rejoindre Kumar Camp, fin septembre, à la jonction avec le Teram Shehr Glacier et l’ancienne route caravanière provenant du Saltoro Pass (Bilafond La).

Source : TrekMag

NEW DELHI, Sept 12: Siachen, the world’s highest battlefield and an inhospitable terrain,has been thrown open to public.
Trekkers can now go up to the icy heights of the second largest lacier in the mighty Karakoram Range in Ladakh region of Jammu and Kashmir, a dreaded place till four years ago because of continuous shelling from Pakistan.

A group of 20 intrepid civilians—teenage girls, NCC and Military Academy Cadets, housewives and corporate executives—would form the first batch to tread the glacial heights, where snow never melts, from September 19, Army officials said here today.

Though the Indian and Pakistani troops are at points across the 72-km long glacier, almost at eyeball to eyeball confrontation, peace has prevailed in the snowy heights for the past four years ever since a cease-fire is in force.

The group sponsored by the Army Adventure Cell and Indian Mountaineering Foundation would trek from the base to Kumar Camp located at a height of 16,000 feet, on the mid-glacier.

On their four day trudge across the glacier, the civilian trekkers would be guided by 10 Army glacial experts.

Though guns have fallen silent danger does lurk in the form of giant crevasses and shifting ice formations.

« We plan to open the glacier to similar civilian trekkers on a regular basis from next year », Army officials said.

Significantly, the move to throw open the glacier to public comes two years after Prime Minister Manmohan Singh on his maiden visit had expressed a desire that efforts should be made to turn the place into a « mountain of peace ».

The first public trekking group would be in glacier from September 19 to October 11.

« The group would gather at Leh and undergo a weeklong acclimatization before reaching the Siachen base camp by road  » Army officials said.

At base camp, they would undergo another spell of conditioning before venturing out to the glacier itself. The trekkers would set up four staging camps before reaching the Kumar point in the middle of the glacier.

For future trekkers, officials said that the upper age limit would be 40 and all adventurers would have to be medically and physically fit.

The trekking adventure, officials said, could be a prelude to throwing open the glacier even to foreign expeditions and climbing groups.

Four major climbing groups from various armies have approached the Government for clearance to attempt some over 7,500 peaks straddling the glacier.

Daily Excelsior

Réactions

– « Le Pakistan se dit inquiet des projets indiens d’ouverture du glacier de Siachen aux touristes ».
Sur le site de l’agence de presse chinoise « Le quotidien du Peuple »

L’expédition prévue au glacier de Siachen est loin d’être la première. 
Une quinzaine d’opérations similaires avaient déjà eu lieu et rien qu’au mois de juillet, trois excursions avaient été organisées sans le tapage médiatique donné à l’opération d’hier qui consiste à envoyer des randonneurs indiens dans une partie du territoire indien, a expliqué le ministre, reprochant aux médias de donner à l’évènement sportif des proportions qu’il ne mérite pas.

Sur AtlasVista Maroc 

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Yves-Marin GORIN, professeur d’histoire-géographie et accompagnateur de montagne est actuellement pour 5 mois au Zanskar à la découverte de la société zanskarie, en réalisant 4 treks et en s’investissant dans 2 projets humanitaires visant le développement du système scolaire au Zanskar.

Une aventure riche en découvertes, mais également basée sur l’entraide :
– intervention dans l’école LMHS de Pipiting : aider au fonctionnement administratif et organiser des cours d’éducation physique.
Cette école a été fondée il y a une vingtaine d’année et est toujours soutenue par l’association AAZ.
– mise en place du fonctionnement de l’antenne locale de l’association TAFIZ (Tokspo Amitié France-Ichar Zanskar).
Cette association a pour but d’aider à la construction d’un internat pour l’école publique d’Ichar.

 

Sur le même sujet : tvmountain.com

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