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Archive for the ‘Ladakh’ Category

L’ethnologue Marianne Chaud est parvenue à filmer l’austère vie d’un monastère himalayen, dans une vallée perdue de la région du Zanskar. Réussissant à gagner la confiance des moines, elle a pu tourner, en caméra subjective, la vie et les traditions de ces hommes coupés du monde. Elle témoigne de cette belle aventure.


Bienvenue sur une autre planète. Un paysage minéral et désolé, d’une beauté à couper le souffle. Une vallée perdue à 4 000 mètres d’altitude, la plus élevée qui soit habitée dans l’Himalaya. Bienvenue au monastère de Phukthal [1], dans la région du Zanskar. Les moines vivent là une existence moyen­âgeuse, accrochés au flanc d’une falaise quasi inaccessible.

La réalisatrice Marianne Chaud y est montée pour filmer la vie de cette communauté bouddhiste, et particulièrement des enfants. Dans les pas de Kenrap, 8 ans dont trois au monastère, véritable héros du film, elle suit les cours de philosophie, les corvées de bois et d’eau, les jeux et les prières, l’incroyable périple hivernal pour procéder aux rituels d’abondance dans les villages de la région.

C’est un moment privilégié, hors du temps. Pas seulement parce que l’endroit est très difficile d’accès. Pas seulement parce que les moines ont pour la première fois accepté la présence d’une caméra. Mais surtout parce que Marianne Chaud a établi une relation privilégiée avec eux. Ethnologue, parlant couramment le zanskari, elle a filmé en caméra subjective. Cela donne des images un peu mouvantes mais aussi de magnifiques plans larges et de véritables moments de grâce. La réalisatrice et sa caméra ne font plus qu’un. Totalement intégrés à la vie du monastère, ils deviennent l’ange gardien de Kenrap – qui le leur rend bien. Epoustouflant.

Pour son deuxième documentaire « Himalaya, le chemin du ciel » , l’ethnologue Marianne Chaud s’est fondue dans la vie d’un mo­nastère bouddhiste perdu à 4 000 mètres d’altitude. Le ­dépaysement est total mais, autant que la rudesse des conditions de vie, l’étrangeté des mœurs ou la splendeur des paysages, c’est la qualité du ­regard qui distingue ce film.

Comment avez-vous atterri dans un des endroits les plus inaccessibles de la planète ?
Je suis attachée à la montagne car j’ai grandi dans un petit village des Alpes. Et puis j’aime être coupée du monde, ça permet une immersion totale dans la vie des gens. Sans route, sans téléphone, je dépends d’eux matériellement et émotionnellement, il y a ainsi plus de partage et d’intimité. A l’Ecole des hautes études en sciences sociales, ma thèse portait déjà sur les relations de l’homme à la nature dans cette région de l’Inde, le Zanskar, dont l’isolement a permis de conserver les traditions.

Qu’est-ce qui vous a poussée à prendre une caméra ?
Elle me permet de dire des choses impossibles à exprimer dans le cadre d’un travail universitaire, où les relations personnelles restent en retrait. Rendre compte de ces relations, c’est aussi une manière de conjurer l’exotisme, cette forme de colonialisme qui imprègne beaucoup de reportages.

D’où votre choix de filmer en caméra subjective…
J’avais participé à un numéro d’Ushuaïa nature puis à une série de France 5, Devenir femme au Zanskar. J’ai eu envie de travailler seule, de prendre le contre-pied du précepte habituel : « Ne regardez pas la caméra, faites comme si on n’était pas là. » En tant qu’ethnologue, je sais que ma présence va modifier le comportement des gens. C’est pourquoi il me paraît plus honnête d’affirmer clairement : je suis là, c’est moi qui les regarde et eux me ­regardent aussi. La qualité de l’image et du son peut ­parfois en pâtir, j’assume ces aspéri­tés, ce côté brut. Les films de Stéphane Breton, lui aussi ethnologue, m’ont beaucoup inspirée.

Pourquoi avoir choisi ce monastère en particulier ?
En plus d’être très spectaculaire, c’est un des derniers monastères encore dynamiques dans la région. J’y étais déjà passée mais, quand j’y suis retournée, au début de l’hiver, après quatre jours de marche, les moines m’ont dit : « Non, pas de film, pas de photos. » Peu à peu, j’ai gagné leur confiance, ils ont compris que je ne les trahirais pas. Et j’ai passé trois mois avec eux. J’aime partir sans savoir ce que je vais trouver, filmer les petits riens du quotidien. C’est seulement à la fin de mon ­séjour que j’ai compris que Kenrap, du haut de ses 8 ans, deviendrait le personnage ­principal du film.

Dans quelles conditions viviez-vous ?
Dans ma chambre, la température descendait jusqu’à – 15 ou même – 20 °C. Pour se laver, il y avait très peu d’eau chaude, faute de bois. Pas de fruits ni de ­légumes, le menu se limitait à de la farine d’orge bouillie. Sans oublier le manque d’oxygène. Pour la caméra, je rechargeais les batteries grâce à un panneau solaire, mais je ne pouvais pas visionner les rushes. L’écriture du film s’est donc faite au montage.

Entre la carrière d’ethnologue et celle de documentariste, avez-vous choisi ?
J’aimerais concilier les deux. Maintenant que j’ai exercé mon regard dans l’Himalaya, je voudrais m’en servir dans d’autres régions du monde. Mais toujours en liberté, en évitant les films formatés.

Source : Télérama.fr

[1] Le monastère de Phukthal (Phukthal Gompa) se situe dans la vallée du Zanskar, au sud-est de la capitale Spadum. Phukthal Gompa peut être localisé au centre de cette carte.
Cette carte simplifiée permet également de le repérer facilement.

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Tsewang Norphel n’a pas l’allure d’un révolutionnaire, et pourtant ! Les deux mains dans les poches, droit comme  » i « , le cheveu de jais, le septuagénaire saute d’une roche à l’autre avec l’aisance d’une gazelle. Nous sommes à 4300 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans les hautes Himalaya indiennes au Ladakh, la partie orientale de l’Etat rebelle Jammu et Cachemire. Ici, les montagnes brunes sableuses ont cédé le paysage aux sommets enneigés sur fond de ciel bleu pétant.


Comme à tous les trois jours, l’ingénieur civil retraité est venu faire son tour pour suivre l’évolution du chantier. Un chantier peu ordinaire, puisqu’il s’agi d’une structure qui contiendra un  » glacier artificiel « . Un glacier qui mesurera deux kilomètres de long, soixante mètres de largeur et deux mètres de profondeur, et qui desservira trois cents familles en précieuse eau. Chhewang Norphel n’en est pas à ses débuts : il a déjà mis en place une dizaine de structures de la sorte, transformant le quotidien de milliers de villageois.

Des champs de glaces pas si éternelles

Son aventure a commencé en 1987. Natif de Skarra, un village en banlieue de Leh, la capitale du Ladakh, l’homme souffrait de voir ses concitoyens cruellement manquer d’eau. Quatre-vingt pourcent des Ladakhis vivent de l’agriculture et seuls cinq centimètres de pluie tombent annuellement dans cette région où la végétation arriverait à la cheville si ce n’était des longs peupliers plantés par ses habitants. Et avec les changements climatiques, leur drame s’accentue d’année en année.

 » Les glaciers fournissent neuf dixièmes de l’eau dont dépend les fermiers, fait remarquer l’ingénieur. Or, ils fondent à une vitesse alarmante.  » En effet, selon le World Glacier Monitoring basé en Suisse, ceux-ci perdent 5% de leur constitution annuellement. Ajoutez à cela des averses de neige de plus en plus rares et une industrie touristique toujours plus vorace qui fait monter en flèche la consommation d’eau, avec ses douches et ses toilettes à l’occidentale, et vous comprendrez que le Ladakh fait face à une crise de l’eau.

Tirer profit du froid

En voyant couler pendant l’été, inutilisée, l’eau de ces géants blancs qui libèrent des réserves cumulées sur des milliers d’années, Chhewang Norphel s’est dit  » pourquoi ne pas tirer profit du froid ?  » C’est ainsi qu’il en est venu à détourner des cours d’eau en provenance des sommets glacés, les réorientant vers l’ombre, où, au lieu de fondre et de se perdre, ils gèlent. La beauté des glaciers artificiels du Ladakhi est non seulement qu’ils sont le fruit d’une technologie simple et économique, faite de matériaux locaux et facile à maintenir pour les villageois.

Leur intérêt réside surtout dans le fait qu’ils sont plus près des villages que les glaciers naturels et qu’ils fondent plus tôt.  » Mes glaciers commencent à se liquéfier vers la fin mai, plutôt qu’en août, comme les vrais. De sorte que l’eau est disponible au moment propice de la moisson  » note l’ingénieur. Un avènement heureux, d’autant que le Ladakh, avec son sol hostile et ses températures qui atteignent les moins quarante degrés Celsius, connaît une seule moisson annuelle.

 
Nom de guerre :  » le Messie « 

La route qui mène à ses glaciers, là où personne ne va, Tsewang Norphel l’a construite lui-même.  » Je voulais amener les fonctionnaires voir le projet ; sinon, personne ne prendra quatre heures pour venir à pied  » fait-il valoir d’une voix douce, le sourire en coin. La route a également servi à conduire au sommet des Himalaya les villageois sceptiques. Parce qu’initialement, son projet faisait rigoler. Aujourd’hui, l’homme croule sous la reconnaissance internationale et les prix, et ici, on l’appelle  » le Messie « .

En dépit de son succès,  » le Messie  » peine à réunir les fonds nécessaires, pourtant modestes ; l’équivalent d’environ 3800 euros, pour la construction d’une structure pouvant accueillir un glacier artificiel. La corruption et la bureaucratie sont des freins de taille.  » Ces projets ne généreront pas de votes, donc les officiels du gouvernement ne s’y intéressent pas  » regrette-t-il. Pour l’instant, son glacier actuel, qui sera le plus imposant en taille, est financé par sa propre ONG, le Leh Nutrition Project, et l’armée indienne.

Mais tant que sa santé le lui permettra, Tsewang Norphel jure dur comme fer qu’il fera tout son possible pour conserver les indispensables ressources en or bleu dont dépendent les siens. Prions les dieux de l’eau pour qu’il gagne son pari, mais aussi pour qu’il fasse des émules à travers les Himalaya, où 1.3 milliards de personnes vivent de l’eau des glaciers. Et pourquoi pas, dans la région des Alpes.

 

Source : Le portail de la Water Economy.

Sur le même sujet

Fashioned from glacier melt.
An ingenious engineering scheme takes care of water-woes of three Ladakh villages

Tsewang Norphel build glacier in Leh.
  
– Glaciers artificiels au Ladakh.

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Extrait de « Lettres du Zanskar », le bulletin semestriel d’information de l’association « Aide au Zanskar » (AaZ) . Il a pour mission d’informer, l’ensemble des adhérents(es), parrains/marraines, et les personnes sensibles à l’action de l’association, ou au bien-être des enfants du Zanskar. 
 

Dans son édito, Marc Damiens, fondateur écrit :
 
« La réalité.
 
Dans un Zanskar qui change à vitesse « grand V » avec les conséquences inévitables que l’on peut imaginer; la scolarisation des enfants dans leur région, proches de leur famille, reste malgré tout d’actualité.

Notre association ne s’est pas trompée en acceptant d’apporter son aide en 1988 lors du démarrage de la Lamdon Model School.
Il appartient aux seuls membres de AaZ de décider compte tenu du contexte nouveau, des conditions et de la nature exacte du soutien qu’ils entendent apporter pour les années qui viennent.

En acceptant en août 2007, de contribuer un peu plus chaque année aux frais d’études de leurs enfants, les parents semblent comprendre l’importance d’éviter une trop grande dépendance vis-à-vis de l’extérieur. Cette tendance est encourageante; cependant le nouveau Comité, élu en septembre 2006, devra montrer un autre visage et prouver sa réelle capacité à faire progresser l’école.

L’autosatisfaction qui règne en ce moment masque la réalité des petits, mais nombreux, problèmes au quotidien qui font marquer le pas à la LMHS.

Il y a besoin d’un nouvel élan, d’une sérieuse motivation, pour améliorer les résultats; l’école ne doit pas perdre le contact.
C’est le challenge incontournable qui doit être pris en compte aujourd’hui sur place. »
 
Le bulletin n°31 d’AaZ  est  i c i .
 
 

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Exposition photographique de Pierre JEAN, organisée par l’Association Alpes-Himalaya

La programmation 2008 de la Maison de la Nature commence avec cette exposition du toit du monde « Zanskar-Ladakh : Quand l’immensité rejoint la spiritualité ». Cette superbe exposition de Pierre JEAN vous fera découvrir cet univers de montagne et de spiritualité, où lumières, couleurs, paysages, travail, sourires et spiritualité se mélent au Zanskar comme autant d’éléments de vie du peuple tibétain. Tels les messages de paix portés au vent par les Tarchoks, drapeaux de prières colorés de ce peuple des montagnes, la diversité de ces photographies vous emmènera jusqu’au Zanskar… et vous y trouverez certainement quelques éléments de sagesse en découvrant l’humilité de ce peuple face à l’immensité de la Nature.

Zanskar – Ladakh

Deux noms qui claquent comme des drapeaux au creux d’un col venteux. Pays de rudesse climatique, de présence millénaire et de sourires bienveillants. Désert humain perdu tout au bout d’une Inde milliardaire … en âmes. Hors de la ville : ni route, ni roue, aucun moteur ne rompt le somptueux silence. Ce n’est pas le vide, mais ce silence s’entend par-delà les quelques bruits utiles. Comme on perçoit le blanc des nuages un jour de chute de neige plumeuse.

J’ignore à peu prêt tout de ce peuple, de ce pays et des habitudes, pourtant : je comprends l’urgence d’un labour ou d’une récolte entre les longs hivers, je sais les yacks demeurer placides et indulgents face aux caprices climatiques. C’est l’immersion dans un monde du moment présent où demain sera résolu demain. Ce peuple possède une confiance absolue dans la main tenant le fil de son existence. Sinon pourquoi cet incroyable réseau d’irrigation, véritable artère prodiguant la vie, mais offert comme une gorge dénudée à l’inévitable morsure des intempéries.

Le vent de la spiritualité murmure les résistances silencieuses et la ténacité de ceux qui jamais ne renoncent devant les infortunes.Je vois un peuple qui sait balayer d’une prière le cynisme des puissants.Comment l’homme peut-il guerroyer dans ce milieu de matin du monde, au cœur de montagnes où tout conduit à s’affranchir des pesanteurs terrestres.

L’air pur et raréfié fait tourner la tête du marcheur que je suis, les mains multiples des fidèles font tourner les moulins à prières. Ces tours de manis, et ces entrelacs de tournis se chargent d’élever l’âme dans de secrètes spirales, bien au-delà des glaciers scintillants. Comment expliquer, cette prise en charge par le temps, hors de la hâte et du vouloir. Ce besoin essentiel d’aspirer sans retenu le paysage par tous mes pores. Mon être devient fourmi, plus infime encore dans ces immensités minérales.

Il faut, je crois, me laisser surprendre en lâchant prise sur mes certitudes.
User patiemment, obstinément mes semelles sur la pierre ancestrale afin de parvenir, le souffle court, sur la ligne des crêtes tourmentées. Et là, surprendre à nouveau la beauté crépusculaire des lumières rares qui se faufilent vers leur retraite, derrière les replis des versants arides. Saisir l’instantané d’un éclairage sur ces éphémères décors de théâtres montagnards. S’émerveiller toujours de l’inconscience ou plutôt de la virtuosité des hommes, qui ont osé accrocher leurs monastères multicolores sur d’instables falaises.

J’ai la certitude de m’emplir de ces multiples riens, de ces vides habités :
Pureté. Altitude. Spiritualité.

Pierre JEAN

Entrée libre du lundi au vendredi, 9h-12h / 14h-18h
Maison de la Nature et de l’Environnement de l’Isère
Salle Robert Beck – 5 place Bir Hakeim – 38000 Grenoble

Source : Maison de la Nature et de l’Environnement de l’Isère

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De l’eau sur le toit du monde

Un hydrologue de génie, Ritesh Arya, a réussi à trouver de l’eau dans le sous-sol du Ladakh, la région la plus élevée du monde.
Cette découverte révolutionne le quotidien des habitants de cette région de l’Himalaya, explique l’hebdomadaire indien India Today.
 

Au cœur de l’Himalaya, à plus de 5 350 mètres d’altitude, la passe de Khardung La, balayée par les vents, est la route carrossable la plus élevée du monde. Nous sommes en Inde, dans la région du Ladakh. Ritesh Arya, hydrologue  intrépide, est sur le point de remporter son pari en découvrant des réserves d’eau souterraines à Khardung La, une prouesse plus formidable encore que son record mondial de forage de puits en haute altitude. Deux puits forés récemment à South Pullu et North Pullu [deux bases bordant le Khardung La] déversent déjà leur eau claire aux postes militaires et aux refuges de montagne situés de part et d’autre de la passe, à respectivement 4 663 mètres et 4 693 mètres d’altitude.

Il y a un mois encore, la seule source d’eau potable se trouvait dans les lointains réservoirs d’eau de Leh [capitale du Ladakh] et de Partapur, au pied du glacier de Siachen [à la frontière chinoise]. « C’est vraiment un miracle de parvenir à trouver des nappes d’eau souterraines à cette altitude », lance un officier du poste militaire de South Pullu, situé dans une zone granitique. D’après les connaissances des géologues, le granite est trop imperméable pour laisser filtrer l’eau. Mais Arya avait repéré, à 6 kilomètres en contrebas de la route, une vallée encaissée pleine de débris rocheux au pied du glacier, indice certain de la présence d’eau souterraine provenant de la fonte du glacier. Deux jours après, il faisait forer un puits à 90 mètres de profondeur, en plein dans une nappe d’eau.

Arya prépare ses opérations de forage après avoir étudié les versants rocheux environnants. En combinant son expérience de terrain en tant que géologue spécialiste de l’Himalaya et une approche inédite en matière de prospection, cet hydrologue converti en professionnel du forage a ouvert de nouvelles perspectives en matière d’exploitation des réserves d’eau dans le désert de haute altitude de Ladakh. Au cours des douze dernières années, Arya a foré plus d’une centaine de puits en terrains inhospitaliers ou dangereux, où aucun géologue ni agence gouvernementale n’avaient osé s’aventurer auparavant. Du glacier de Siachen et de la vallée de l’Indus jusqu’aux hauteurs de Leh et de Kargil [seconde ville la plus peuplée du Ladakh], les efforts d’Arya permettent d’alimenter les soldats et les habitants en eau quelles que soient les conditions climatiques.

Le travail de pionnier d’Arya pourrait également permettre de redéfinir l’hydrologie de l’Himalaya et de modifier les dispositifs traditionnels en matière d’eau potable et d’irrigation dans la région du Ladakh, où la faiblesse des précipitations contraint les habitants à utiliser les eaux de surface du fleuve Indus ou les rivières de montagne descendant du glacier. Outre un déficit d’eau chronique, cette région souffre de problèmes liés au mélange de limon dans l’eau lors de la fonte des glaces en été, et du gel des eaux de surface en hiver. A Leh, 10 % seulement de la population est alimentée en eau courante par les nappes souterraines, le reste devant s’approvisionner aux réservoirs d’eau.

L’exploitation des eaux souterraines, confiée au Central Ground Water Board [organisme rattaché au ministère chargé de la gestion des ressources en eau], s’est limitée aux zones proches de l’Indus. Au-delà de ces limites, l’exploration a toujours été déconseillée au motif qu’un désert montagneux ne pouvait pas disposer de réserves d’eaux souterraines. Mais, en 2006, Arya a fait voler en éclats ce préjugé en forant un puits pour l’armée à plus de 4 200 mètres d’altitude, à Chushul, près de la frontière chinoise. Cet exploit lui a d’ailleurs valu d’entrer dans le Livre des records. « Cela revient à redéfinir les principes de base de la géologie et de la physique en haute altitude », explique-t-il, avant d’ajouter que « l’exploitation systématique des nappes souterraines inutilisées pourrait être à l’origine d’une révolution verte dans ce désert glacé »

Source : Courrier International

Article original : « The Incredible Waterman » 

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Le glacier de Siachen , situé en amont de la vallée de la Nubra, au Ladakh, devrait être ouvert aux trekkeurs étrangers à partir de 2008. C’est ce qu’ont annoncé des officiels de l’armée indienne début septembre 2007.

Le plus long glacier du monde (78 km), a également été longtemps le plus haut conflit de la planète, opposant l’Inde et le Pakistan, à plus de 6000 m d’altitude. Un cessez-le-feu est en vigueur depuis plus de quatre ans et des personnalités du monde entier ont lancé un appel pour la création d’un Siachen Peace Park.

Aucune information n’a filtré pour le moment sur les formalités à accomplir pour parcourir ce nouvel itinéraire (les enquêteurs de TrekMag sont sur le terrain !).

La première expédition civile, constituée de femmes d’origine indienne, devait rejoindre Kumar Camp, fin septembre, à la jonction avec le Teram Shehr Glacier et l’ancienne route caravanière provenant du Saltoro Pass (Bilafond La).

Source : TrekMag

NEW DELHI, Sept 12: Siachen, the world’s highest battlefield and an inhospitable terrain,has been thrown open to public.
Trekkers can now go up to the icy heights of the second largest lacier in the mighty Karakoram Range in Ladakh region of Jammu and Kashmir, a dreaded place till four years ago because of continuous shelling from Pakistan.

A group of 20 intrepid civilians—teenage girls, NCC and Military Academy Cadets, housewives and corporate executives—would form the first batch to tread the glacial heights, where snow never melts, from September 19, Army officials said here today.

Though the Indian and Pakistani troops are at points across the 72-km long glacier, almost at eyeball to eyeball confrontation, peace has prevailed in the snowy heights for the past four years ever since a cease-fire is in force.

The group sponsored by the Army Adventure Cell and Indian Mountaineering Foundation would trek from the base to Kumar Camp located at a height of 16,000 feet, on the mid-glacier.

On their four day trudge across the glacier, the civilian trekkers would be guided by 10 Army glacial experts.

Though guns have fallen silent danger does lurk in the form of giant crevasses and shifting ice formations.

« We plan to open the glacier to similar civilian trekkers on a regular basis from next year », Army officials said.

Significantly, the move to throw open the glacier to public comes two years after Prime Minister Manmohan Singh on his maiden visit had expressed a desire that efforts should be made to turn the place into a « mountain of peace ».

The first public trekking group would be in glacier from September 19 to October 11.

« The group would gather at Leh and undergo a weeklong acclimatization before reaching the Siachen base camp by road  » Army officials said.

At base camp, they would undergo another spell of conditioning before venturing out to the glacier itself. The trekkers would set up four staging camps before reaching the Kumar point in the middle of the glacier.

For future trekkers, officials said that the upper age limit would be 40 and all adventurers would have to be medically and physically fit.

The trekking adventure, officials said, could be a prelude to throwing open the glacier even to foreign expeditions and climbing groups.

Four major climbing groups from various armies have approached the Government for clearance to attempt some over 7,500 peaks straddling the glacier.

Daily Excelsior

Réactions

– « Le Pakistan se dit inquiet des projets indiens d’ouverture du glacier de Siachen aux touristes ».
Sur le site de l’agence de presse chinoise « Le quotidien du Peuple »

L’expédition prévue au glacier de Siachen est loin d’être la première. 
Une quinzaine d’opérations similaires avaient déjà eu lieu et rien qu’au mois de juillet, trois excursions avaient été organisées sans le tapage médiatique donné à l’opération d’hier qui consiste à envoyer des randonneurs indiens dans une partie du territoire indien, a expliqué le ministre, reprochant aux médias de donner à l’évènement sportif des proportions qu’il ne mérite pas.

Sur AtlasVista Maroc 

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Yves-Marin GORIN, professeur d’histoire-géographie et accompagnateur de montagne est actuellement pour 5 mois au Zanskar à la découverte de la société zanskarie, en réalisant 4 treks et en s’investissant dans 2 projets humanitaires visant le développement du système scolaire au Zanskar.

Une aventure riche en découvertes, mais également basée sur l’entraide :
– intervention dans l’école LMHS de Pipiting : aider au fonctionnement administratif et organiser des cours d’éducation physique.
Cette école a été fondée il y a une vingtaine d’année et est toujours soutenue par l’association AAZ.
– mise en place du fonctionnement de l’antenne locale de l’association TAFIZ (Tokspo Amitié France-Ichar Zanskar).
Cette association a pour but d’aider à la construction d’un internat pour l’école publique d’Ichar.

 

Sur le même sujet : tvmountain.com

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