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Compte tenu des événements tragiques que connaît le Tibet, des spécialistes en études tibétaines, en poste dans de nombreuses universités à travers le monde, ont tenu à exprimer leur préoccupation au travers de cette pétition qui circule actuellement parmi les collègues concernés (lire ici la version originale de cet appel en anglais).

Appel de la communauté des tibétologues au Vice-Président Xi Jinping

Monsieur le Vice-Président,

Alors que vous allez prendre vos nouvelles fonctions de Président de la R.P.C en mars 2013, la communauté scientifique des tibétologues souhaite vous faire part de sa vive préoccupation concernant la situation de la langue tibétaine dans la Région autonome du Tibet et dans les préfectures autonomes tibétaines voisines.

Nous savons que de nombreuses écoles ont vu le jour en zone tibétaine depuis plusieurs décennies, et nous nous en réjouissons. Nous apprécions également les bienfaits que les jeunes écoliers tibétains peuvent tirer d’enseignements adaptés à leur langue.

Cependant, depuis plusieurs années, les autorités s’efforcent de mettre en place de nouvelles mesures supprimant ou restreignant fortement l’usage du tibétain comme langue d‘enseignement dans les zones tibétophones, telles que le remplacement du tibétain par le chinois dans l’enseignement (annoncé en 2010) ou le remplacement des manuels scolaires en tibétains par des manuels en chinois — comme cela a été vu à Rebkong (Chin : Tongren) en mars 2012. Ces développements ont eu lieu en dépit du fait que les recherches menées dans le monde entier tout comme les statistiques officielles chinoises ont démontré que les lycéens obtenaient de meilleurs résultats s’ils étudiaient les matières scientifiques dans leur langue

Cette politique est déjà en cours dans la Région autonome du Tibet depuis quelques années avec les résultats que l’on sait : bien qu’appelés à occuper des postes élevés dans le public ou le privé, les élèves n’ont plus qu’une connaissance superficielle de leur propre langue et de leur civilisation.

Les populations tibétaines du Qinghai ont à plusieurs reprises, par des manifestations pacifiques de citoyens, par des pétitions, des lettres, exprimé leur refus de la nouvelle politique linguistique appelée ‘‘Qinghai Province Mid- and Long-Term Plan for Educational Reform and Development (2010–2020)”. Elles ont fait part de leur désir profond de conserver leur langue comme langue d’enseignement et de communication. De telles demandes sont conformes à la Constitution chinoise qui spécifie, dans son article 4, que « all nationalities have the freedom to use and develop their own spoken and written languages and to preserve or reform their own folkways and customs ». De plus, d’après la loi de 2002, la langue tibétaine possède un statut officiel en Chine, statut qui ne semble pas être mis en pratique.

Des dizaines de Tibétains de tout âge, hommes ou femmes, religieux ou laïcs, se sont immolés par le feu depuis un an. Plusieurs d’entre eux ont crié avant de mourir des slogans réclamant le respect de la langue et de la culture tibétaines.

Par cette lettre, nous voudrions, en tant que spécialistes de la langue, de la culture et de la religion tibétaines, vous faire part de notre propre inquiétude devant les diverses mesures qui mettent en péril cette civilisation originale qui constitue l’une des richesses de l’humanité et dont l’État chinois s’est promu le gardien. Nous voudrions rappeler que la langue tibétaine est, après la langue chinoise, la plus ancienne et elle a d’ailleurs à ce titre contribué à reconstruire le vieux chinois et la famille sino-tibétaine qui compte plusieurs centaines de langues, comparable à la famille indo-européenne

En tant que spécialistes de la langue et de la civilisation tibétaines, nous consacrons notre vie professionnelle et intellectuelle au sein d’universités et de structures d’enseignements du supérieur. Nous connaissons la valeur de cette civilisation et nous déplorons que la langue tibétaine, qui est son support naturel, soit au Tibet même marginalisée et dévalorisée, alors qu’elle est de plus en plus enseignée dans les universités du monde entier. Les réponses des autorités aux demandes des Tibétains inquiets de la disparition de leur culture n’ont pas apaisé une situation déjà fort préoccupante.

C’est pourquoi, à l’heure où une nouvelle direction prend les commandes du pays, nous nous adressons collectivement à vous avec l’espoir que vous saurez vous mettre à l’écoute des citoyens tibétains de Chine, trouver avec eux, sans recourir à la force armée, des solutions d’apaisement, et favoriser l’épanouissement de la langue et de la culture tibétaines, qui peuvent tout à fait coexister pacifiquement avec la langue et la culture chinoises, en application des principes énoncés dans les constitutions successives de la Chine, État multiculturel.

> Lire l’interview de l’une des signataires, Katia Buffetrille, tibétologue à l’Ecole pratique des Hautes études.

SIGNATAIRES

1. Katia Buffetrille EPHE, France
2. Elliot Sperling Indiana University, USA
3. Françoise Robin Institut National des Langues et Civilisations Orientales, France
4. Jean-Luc Achard CNRS, France
5. Gedun Rabsal Indiana University, USA
6. Amy Heller SOAS, U.K. ; Centre National de la Recherche Scientifique, France
7. Mireille Helffer CNRS, France
8. Nicolas Tournadre Aix-Marseille University, France
9. Mona Schrempf Humboldt University, Germany
10. Thierry Dodin Bonn University, Germany
11. Carole McGranahan University of Colorado, USA
12. Pascale Dollfus CNRS, France
13. Anne-Marie Blondeau EPHE, France
14. Daniel Berounsky Charles University, Czeck Republic
15. Cameron Warner Aarhus University, Denmark
16. Nicolas Sihlé CNRS, France
17. Philippe Cornu Université Catholique de Louvain, Belgium; Institut National des Langues et Civilisations Orientales, France
18. Gray Tuttle Columbia University, USA
19. Francoise Pommaret CNRS, France
20. Georges Dreyfus Williams College, USA
21. Gareth Sparham University of Walnut Creek, USA
22. Klaus-Dieter Mathes University of Vienna, Austria
23. Roberto Vitali Independent Scholar
24. Helmut Tauscher University of Vienna, Austria
25. Fiona McConnell University of Cambridge, UK
26. Robert Barnett Columbia University, USA
27. Sonam Dugdak SOAS, UK
28. Martin Mills University of Aberdeen, UK
29. Dominique Townsend Columbia University, UK
30. Mary Prude University of Wisconsin-Whitewater, USA
31. Sienna Craig Dartmouth College, USA
32. Charlene Makley Reed College, USA
33. Gillian Tan Deakin University, Australia
34. Yangdon Dhondup SOAS, UK
35. Heather Stoddard Institut National des Langues et Civilisations Orientales, France; Oriental Institute, UK
36. George FitzHerbert Oxford University, UK
37. Agata Bareja-Starzynska University of Warsaw, Poland
38. Tsering Shakya University of British Columbia, Canada
39. Tashi Tsering University of British Columbia, Canada
40. Markus Viehbeck Heidelberg University, Germany
41. Emily Yeh University of Colorado, USA
42. Samten Karmay CNRS, France
43. Robert Mayer Oxford University, UK
44. Isabelle Henrion-Dourcy University of Laval, Canada
45. Tibor Porcio University of Szeged, Hungary
46. Cathy Cantwell University of Oxford, UK
47. Alex McKay London University (retired), UK
48. Benjamin Bogin Georgetown University, USA
49. Petra Maurer Ludwig-Maximilians-Universität, Germany
50. Michela Clemente Cambridge, UK
51. Bruno Lainé Wien University, Austria
52. Per Kvaerne Oslo University, Norway
53. Maho Iuchi Harvard, USA; Kobe City University, Japan
54. Elena De Rossi Università di Roma, Italy
55. Geza Bethlenfalvy Hungarian Academy of Sciences, Hungary
56. Mara Matta Università degli Studi di Napoli ‘L’Orientale’ and Università di Roma ‘La Sapienza’, Italy
57. Giuliana Martini Dharma Drum Buddhist College, Taiwan
58. Fernand Meyer EPHE, France
59. Wim van Spengen Amsterdam University, The Netherlands
60. Janet Gyatso Harvard University, USA
61. Nawang Thokmey University of Virginia, USA
62. Tashi Nyima University of Oslo, Norway
63. Jann Ronis University of California, Berkeley, USA
64. Jose Cabezon University of California, Santa Barbara, USA
65. Frank Korom Boston University, USA
66. Christian Wedemeyer University of Chicago, USA
67. Jay Garfield Smith College, USA
68. Gregory Hillis University of California, Santa Barbara
69. Guy Newland Central Michigan University, USA
70. Francoise Wang CNRS, France
71. Douglas Duckworth East Tennessee State University, USA
72. Kevin Vose College of William and Mary Richmond, USA
73. Peter Verhagen Leiden University, The Netherlands
74. Derek Maher East Carolina University, USA
75. Jacob Dalton University of California, USA
76. Karma Lekshe Tsomo San Diego University, USA
77. Lara Braitstein McGill University, Canada
78. Christian Luczanits USA
79. Jim Blumenthal Oregon State University, USA
80. Paul Nietupski John Carrol University, USA

Source: Le Nouvel Observateur | 6.12.2012

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Si apprendre à méditer est un cheminement que même plus grands sages suivent tout au long de leur vie, s’y exercer au quotidien transforme déjà notre regard sur nous-mêmes et sur le monde. 

Tel est le propos de cet essai très accessible, à la fois guide spirituel et philosophique et initiation concrète à la pratique de la méditation. 

Riche de sa double culture, de son expérience de moine, de sa connaissance des textes sacrés, de sa fréquentation des maîtres, Matthieu Ricard montre le caractère universel d’une méditation fondée sur l’amour altruiste, la compassion, le développement des qualités humaines. Et révèle les bienfaits évidents que méditer peut apporter à chacun dans notre société ultra-individualiste, nous offrant de découvrir et de cultiver nos aspirations les plus profondes. 

 

Avant-propos 

« Nous devons être le changement que nous voulons voir dans le monde. » 
[Gandhi]

 

 

Pourquoi ce petit traité de méditation? Depuis quarante ans, j’ai eu la grande chance de vivre auprès de maîtres spirituels authentiques qui ont inspiré ma vie et illuminé mon chemin. Leurs précieuses instructions ont guidé mes efforts. Je ne suis pas un enseignant et reste plus que jamais un disciple. Mais il m’arrive fréquemment de rencontrer lors de mes voyages de par le monde des personnes qui me font part de leur désir d’apprendre à méditer; j’essaie, autant que je peux, de les orienter vers des maîtres qualifiés. Mais ce n’est pas toujours possible. C’est donc pour tous ceux qui souhaitent sincèrement s’exercer à la méditation que j’ai rassemblé ces instructions puisées aux sources les plus authentiques du bouddhisme. Se transformer intérieurement en entraînant son esprit est la plus passionnante des aventures. Et c’est le véritable sens de la méditation. 
Les exercices que l’on trouvera dans ce texte sont issus d’une tradition deux fois millénaire. Que l’on s’adonne à la méditation seulement trente minutes par jour ou que l’on s’y efforce plus intensément dans la quiétude d’une retraite, ces exercices peuvent être pratiqués de manière graduelle, indépendamment les uns des autres. 
Personnellement, j’ai eu l’immense fortune de rencontrer mon maître spirituel, Kanguiour Rinpotché, en 1967, près de Darjeeling en Inde, et de passer, après sa mort en 1975, quelques années en retraite dans un petit ermiage en bois sur pilotis dans la forêt qui surplombe son monastère. A partir de 1981, j’ai eu le privilège de vivre treize ans auprès d’autre grand maître tibétain, Dilgo Khyentsé linpotché, et de recevoir ses enseignements. Après qu’il eut à son tour quitté le monde, en 1991, je me suis souvent retiré dans un petit ermitage de montagne, au Népal, à quelques heures de Katmandou, dans un centre de retraite fondé par le monastère de Shéchèn où je réside habituellement. Ces périodes ont été sans conteste parmi les plus fertiles de mon existence. 
Depuis une dizaine d’années, je participe également à plusieurs programmes de recherches scientifiques qui visent à mettre en évidence les effets de la méditation pratiquée sur de longues durées. Il en est possible de développer considérablement des qualités telles que l’attention, l’équilibre émotionnel, l’altruisme et la paix intérieure. D’autres études ont également démontré les bienfaits qui découlent de vingt minutes de méditation quotidienne pratiquée pendant six à huit semaines : diminution de l’anxiété et de la vulnérabilité à la douleur, de la tendance à la dépression et à la colère, renforcement de l’attention, du système immunitaire et du bien-être en général. Quel que soit 1’angle sous lequel on envisage la méditation – celui de la transformation  personnelle, du développement de l’amour altruiste ou de la santé physique -, celle-ci apparaît donc comme un facteur essentiel si l’ on veut mener une vie quilibrée et riche de sens. 
Il serait dommage de sous-estlmer la capacité de transformation de notre esprit. Chacun d’entre nous dispose du potentiel nécessaire pour s’ affranchir des états mentaux qui entretiennent nos souffrances et celles des autres, pour trouver la paix intérieure et pour contribuer au bien des êtres. 

 

« Démystifier la méditation »

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Parcours

1946 Naissance à Aix-les-Bains (Savoie).
1967 Permier voyage en Inde et rencontre de son maître, Kangyour Rinpoché.
1972 Obtient son doctorat en biologie sous la direction du P-r Jacob, et part en Inde.
1997 Publie avec son père, Jean-François Revel, « le Moine et le Philosophe ».
2000 Engagement humanitaire à travers l’organisation Karuna-Shechen.
2008 Milite pour une rencontre entre le dalaï-lama et le gouvernement chinois.

Fils de l’intelligentsia parisienne, scientifique de formation, il a quitté l’Europe il y a près de 30 ans pour vivre sa foi bouddhiste. Il est en première ligne dans le combat des Tibétains contre la répression chinoise

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Source: Le Monde. 22/04/2008.

Sur le même sujet

-> « Un dialogue entre la Chine et le dalaï-lama doit être la condition de la participation des pays aux JO ».

Dans un « chat » au Monde.fr, Matthieu Ricard, l’interprète français du dalaï-lama, rappelle que le chef spirituel des Tibétains ne demande pas le boycott de la cérémonie des Jeux de Pékin.

-> «Le dalaï-lama demande un dialogue sans conditions».

Proche du guide spirituel des Tibétains, le moine bouddhiste Matthieu Ricard compte sur la mobilisation internationale pour forcer la main de Pékin. Et contrecarrer sa politique de sinisation forcée.

Entretien dans L’Express du 23/04/2008.

-> Le bouddhiste «constructif»

Retour au Népal, après la présentation à Paris de son nouveau livre, Kalachakra, un mandala pour la paix. Matthieu Ricard a rejoint aujourd’hui son monastère, non loin du dalaï-lama, dont il est un proche, au point d’être devenu, en 1989, son traducteur pour toute l’Europe.

Avant de partir, ce populaire moine bouddhiste de 60 ans a salué du bout des lèvres, vendredi, l’annonce de l’ouverture d’un dialogue entre la Chine et le chef tibétain : «Sept délégations d’émissaires se sont rencontrées ces cinq dernières années, sans aucune amélioration. L’esprit de conciliation des Chinois n’a pas beaucoup évolué.» Pour Matthieu Ricard, fils du philosophe Jean-François Revel, cette annonce n’est qu’ «une première étape». Il espère surtout une date précise. «Il faut une pression réelle pour organiser quelque chose avant les JO. Après, que pourra-t-on faire ?»

Il a rencontré à plusieurs reprises Nicolas Sarkozy, auquel il a présenté des témoignages de Tibétains persécutés. Et admet être «très étonné» par la «grande fermeté de la France». Ce scientifique de formation reconverti en militant se veut «constructif pour ne pas braquer la Chine. Mais faire preuve d’esprit d’ouverture, comme lors des JO, ce n’est pas devenir des paillassons».

Source : Libération.

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