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Himalaya, la terre des femmes.

Trois mois dans la vie des paysannes de Sking, un village isolé sur le toit du monde. Des images magnifiques tournées par une jeune ethnologue pour une immersion pudique dans l’intimité de quatre générations de femmes.

 

Situé dans le nord de l’Inde, à près de 4 000 mètres d’altitude, dans un décor aride et somptueux de barres rocheuses et de montagnes dénudées, le village de Sking est l’un des plus isolés de la région himalayenne du Zanskar. Il abrite une centaine d’habitants, dans une poignée de maisons entourées de champs d’orge. Tout le monde, ici, dépend entièrement du travail de la terre et des aléas du climat. Avant l’arrivée des grands froids, l’on récolte et l’on stocke ce qui va constituer la subsistance familiale pour toute une année. L’été est court, l’hiver interminable. Ce sont essentiellement les femmes qui prennent en charge les récoltes. Qu’elles soient jeunes ou vieilles, elles travaillent sans relâche, de l’aube au soir, dans l’urgence des jours qui raccourcissent. La réalisatrice a passé trois mois en compagnie de ces femmes, quatre générations filmées le temps d’une moisson.

 

Note de la production : « Filmé en caméra subjective par une jeune ethnologue, Terre des femmes propose une immersion sensible et poétique dans l’univers de quatre générations de femmes pendant la saison des moissons. Nous partageons de façon intime leur quotidien, attendant avec l’une le retour d’un mari, goûtant l’ennui et la solitude d’une autre, s’attendrissant aux jeux des plus jeunes, assistant aux derniers jours de l’aïeule. Nous nous attachons à elles, et tout ce qu’elles sont nous ramène à ce que nous sommes. »

Documentaire français (2007) de Marianne Chaud.

ARTE F  mardi, 16 septembre 2008 à 23:00
Rediffusions : 27.09.2008 à 09:45

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Selon les experts réunis à Stockholm pour la Semaine internationale de l’eau, l’Himalaya subit la fonte des glaciers la plus rapide du monde ainsi que des changements spectaculaires en matière de précipitations.

Les changements climatiques menacent sérieusement les ressources en eau de la région de l’Himalaya où la subsistance de 1,3 milliard de personnes est en jeu, estiment des experts réunis à Stockholm à l’occasion de la Semaine internationale de l’eau.

Les changements climatiques menacent sérieusement les ressources en eau de la région de l’Himalaya où la subsistance de 1,3 milliard de personnes est en jeu, estiment des experts réunis à Stockholm à l’occasion de la Semaine internationale de l’eau.

La région montagneuse de l’Himalaya, qui abrite la plus grande surface de glaciers du monde et la plus large zone de permafrost hors régions polaires, a ces dernières années expérimenté une fonte rapide des glaces et des changements spectaculaires en matière de précipitations, déplorent-ils.

« Les glaciers de l’Himalaya reculent plus rapidement que partout ailleurs dans le monde », affirme Mats Eriksson, responsable du programme pour la gestion de l’eau au Centre international du développement intégré des montagnes.

Bien que les hautes altitudes, l’éloignement et la coopération difficile entre les pays de cette région compliquent les études pour comprendre le phénomène, M. Eriksson estime qu’il est évident que « la région est particulièrement affectée par les changements climatiques ».

« Le recul des glaciers est énorme, jusqu’à 70 mètres par an », précise-t-il.

Xu Jianchu, qui dirige le Centre pour les études de l’écosystème montagnard en Chine, assure lui aussi que le changement climatique ravage l’Himalaya, soulignant par exemple que les températures sur le plateau tibétain ont augmenté de 0,3 degré par décennie, « le double, note-t-il, de la moyenne mondiale ».

Il est difficile de quantifier les répercussions sur les disponibilités en eau, mais l’impact est réel dans la région où glaciers et neige contribuent à 50% de l’eau qui coule des montagnes et alimente neuf des plus grandes rivières d’Asie.

L’Himalaya, connu pour « être le toit du monde », s’étend à travers la Chine, l’Inde, le Népal, le Pakistan, la Birmanie, le Bhoutan et l’Afghanistan. La chaîne montagneuse constitue une source importante d’eau pour l’une des régions les plus peuplées de la planète, soit 1,3 milliard de personnes recensées dans le bassin de l’Himalaya.

« La neige et la glace fondent, fournissant une source très importante d’eau fraîche pour l’irrigation, l’énergie et l’eau à consommer en aval », explique M. Xu.

Les glaciers ont d’énormes capacités de conservation de l’eau. Si les niveaux d’eau augmentent à mesure que la glace fond, à long terme, la disparition des glaciers va réduire l’eau disponible en aval.

« La subsistance (des populations) sera durement affectée » par ce phénomène, souligne M. Eriksson.

Parallèlement à la fonte des glaces, les scientifiques notent que les précipitations dans nombre de régions de l’Himalaya apportent plus de pluie en période de mousson et moins en période sèche.

« Les régions plus sèches deviennent encore plus sèches alors que les régions les plus humides deviennent encore plus humides », résume Rakhshan Roohi, chercheuse à l’Institut de recherches en ressources en eau du Pakistan.

Selon M. Eriksson, les effets des changements climatiques ont été particulièrement ressentis dans la partie ouest plus sèche de l’Himalaya.

Outre les conditions climatiques incertaines pour les récoltes, qui ont provoqué la migration de personnes à la recherche de moyens de subsistance alternatif, les agriculteurs sont confrontés à un nombre croissant de désastres naturels tels que des crues soudaines et le débordement des lacs.

« J’imagine qu’auparavant, la région souffrait d’une crue soudaine par saison et les gens arrivaient peut-être à s’y adapter. Mais si on a trois, quatre ou cinq crues soudaines, c’est probablement trop. La question est de savoir combien (de crues) la population est capable de tolérer sans perdre ses bases de subsistance », conclut M. Eriksson.

Source : Nouvel Observateur.

Kora autour du Mont-Blanc.

Du 7 au 24 août 2008.

– Cette Kora sera un évènement international itinérant autour du Mont-Blanc (France-Suisse-Italie-France) qui se déroulera pendant les Jeux olympiques de Pékin prévus cet été du 8 au 24 août.

– C’est une marche pacifique et pacifiste en soutien à la cause tibétaine ainsi qu’aux droits humains fondamentaux et au respect de l’environnement.
Bulletin d’inscription à la Marche et carte du parcours

– Cela commencera le 7 août, quelques heures avant le début des JO, et sera ponctué tout au long du parcours par de nombreuses animations (festival musical d’ouverture, concerts, films, débats, actions symboliques, ateliers, jeux…).

– La vocation de cette Kora est de participer à l’avènement d’une société de coopération et de fraternité. L’objectif est de réveiller les consciences, avec une attitude non-violente, face aux oppressions, aux manquements des droits humains et de l’environnement ainsi que le non-respect des engagements de la République Populaire de Chine.
Le soutien de la cause tibétaine n’a jamais eu autant de sens

Source: Tibet-info.net

Près du village de Korzok (Ladakh)Une étude menée auprès des populations de montagne d’Ethiopie, du Pérou et du Tibet.
Nombreux sont les joueurs de l’Euro 2008 et les participants aux prochains Jeux olympiques qui se sont entraînés en altitude. De cette manière, les sportifs bénéficient d’un surcroît en oxygène lors de leur compétition. La pratique n’est ni nouvelle ni interdite, mais elle n’est pas sans danger sur le long terme. Hormis pour les personnes « adaptées génétiquement » aux conditions des sommets, indique une étude publiée dans « PLoS ONE »: « Adaptation and Mal-Adaptation to Ambient Hypoxia; Andean, Ethiopian and Himalayan Patterns. »

Ceux qui ont eu l’opportunité d’aller à des altitudes égales ou supérieures à 3000 mètres ont rapidement pu constater une difficulté à l’effort. Marcher paraît plus fatigant, l’essoufflement fait rapidement son apparition. À cette hauteur, la pression atmosphérique provoque une diminution partielle en oxygène qui réduit la tolérance à l’exercice physique. Face à ces nouveaux paramètres, l’organisme humain ne reste pas de marbre et s’adapte pour y répondre le mieux possible.

Cette adaptation se traduit par une augmentation de la production de globules rouges, les cellules assurant le transport de l’oxygène dans l’ensemble des tissus de l’organisme. C’est cette multiplication des globules qui est néfaste : le sang plus riche en hématies s’épaissit. Moins fluide, il circule moins bien, ce qui peut provoquer des maux de tête, des insomnies, de la fatigue et des troubles de la mémoire. Des complications plus graves, tels des œdèmes, sont également recensées. Il s’agit du mal aigu des montagnes. Cependant, certaines populations y sont moins sensibles.

L’équipe d’Otto Appenzeller, neuroscientifique à la Fondation de recherche du Nouveau-Mexique, s’est penchée sur cette susceptibilité chez des Éthiopiens, Péruviens et Tibétains vivant respectivement à 3600, 4300 et 4500 mètres. Pour ce faire, les scientifiques ont étudié une poignée de gènes connus pour leur implication dans l’adaptation à un environnement faible en oxygène. Pour chaque groupe, l’expression de ces gènes dans les globules blancs a été observée chez des personnes souffrant du mal aigu des montagnes (MAM) et chez des personnes ne ressentant pas les symptômes.

Les Éthiopiens mieux adaptés

Otto Appenzeller a constaté que les Éthiopiens possédaient un plus grand nombre de ces gènes que les deux autres peuples participant à l’étude. Parmi ceux-ci, il a identifié le gène PDP2 fortement lié au MAM. Les individus chez lesquels PDP2 s’exprime peu sont très sensibles au MAM. Il semblerait donc que ce gène aide les individus à s’acclimater à des concentrations plus faibles en oxygène. « PDP2 optimiserait l’action de l’oxygène dans la dégradation du glucose, principale molécule fournisseuse d’énergie utilisée par l’organisme », postulent les auteurs. De cette manière, ce gène limiterait les besoins en oxygène et donc la production de globules rouges.

Une question subsiste : pourquoi ce gène s’exprime principalement chez les Éthiopiens et donc chez les habitants vivant le plus bas ? Tout est une question d’adaptation évolutive. Les Éthiopiens se sont installés dans les montagnes avant les Tibétains et les Péruviens, l’évolution a donc eu plus de temps pour faire son travail.

 

Source : Le Soir

 

 

Les stades sont souvent lieux d’exécutions capitales ou de tortures. Des criminels y sont liquidés devant des spectateurs. Les dieux du stade sont ici des bourreaux en uniforme.

Vous avez peut-être vu cette photo qu’a reproduite un récent numéro de « Marianne ». Sur deux rangées parallèles, des trios composés de deux policiers en uniforme d’été et de civils aux mains liées dans le dos que les premiers tiennent avec détermination par les bras, s’avancent le long des gradins d’un stade peuplé d’une foule bigarrée de spectateurs assis ou debout, parsemée de banderoles portant des slogans en caractères chinois. Car nous sommes en Chine, celle d’aujourd’hui où ne se portent plus les costumes Mao qui firent kiffer les « révolutionnaires » en papier mâché de chez nous dans les années soixante. A l’avant-plan de la photo, on voit une femme encore jeune, au physique que l’on devine agréable, vêtue de façon que l’on pourrait dire bourgeoise. Elle marche, encadrée de ses deux gardiens aux visages fermés, sa bouche à elle à demi ouverte, comme si elle était occupée à fredonner ou plutôt à muser, comme on dit chez nous.

Ce que montre la photo, c’est un troupeau de condamnés à mort menés au supplice, lequel consistera en une balle tirée à bout portant dans la nuque. La foule qui a envahi les gradins est venue pour le spectacle, moderne tricoteuse (peut-être rassemblée de force) attirée par les mises à mort en série. Les talibans, en Afghanistan, mettaient aussi en scène des écrasements sous des murs bousculés par des bouteurs dans des stades. Les stades sont souvent lieux d’exécutions capitales ou de tortures, copiant en cela les arènes pour corridas dans lesquelles de pauvres bêtes affolées sont massacrées pour satisfaire aux instincts pervers de risibles chantres des habits de lumière et de touristes en quête d’émotions fortes. Mais si voir tuer le taureau peut déjà apporter sa ration de frissons, que dire de liquider des criminels dont le dernier regard aura été pour des spectateurs semblables à ceux qui viennent assister à un match de foot ou une rencontre d’athlétisme ? Les dieux du stade sont ici des bourreaux en uniforme. Qui dira ce qui se passe dans la tête de l’assassin légal qui, sans haine ni compassion, tire sa balle bien ajustée à l’arrière du crâne d’un ou d’une condamné(e) dont peut-être le crime, corruption ou vol, chez nous, ne relèverait au pire que d’une chambre correctionnelle ?

Le comte Rogge, qui préside aux destinées de l’ultra-opulente multinationale qu’est le Comité international olympique, a déclaré que l’on ne devait pas mêler sport et politique. Si l’on admet que la décision d’appliquer la peine de mort est un acte politique, car prise par les dirigeants du pays, et si l’on reconnaît qu’un stade est un lieu consacré au sport, on verra dans cet usage du stade une activité éminemment politique, et donc un démenti sans appel des propos de Jacques Rogge. A moins de faire des mises à mort en public un sport olympique. Une spécialité chinoise, en quelque sorte.

Spécialité, en effet, mais non exclusivité. Certes, au championnat du monde des exécutions, la Chine mérite largement la médaille d’or. On en compterait officiellement trois par jour, mais le nombre réel serait sensiblement plus élevé. Des concurrents sérieux seraient à chercher du côté de l’Iran et de l’Arabie Saoudite, et aussi de l’Irak, où l’on ne pend pas que des dictateurs. Le Japon est également de la partie, ainsi que les Etats-Unis, qui promeuvent une manière « civilisée » de faire mourir les condamnés, l’injection létale, dans un local aseptisé qui évoque une salle d’op’.

Les thuriféraires des Jeux olympiques se voilent complaisamment la face devant ce sinistre record chinois. Au lieu d’offrir aux autorités du pays la ridicule composition en fil de fer de Strebelle, notre ministre étranger aux affaires aurait mieux fait d’apporter à Pékin un gigantesque poteau d’exécution. Mais il est vrai que la Chine est devenue un immense marché prometteur, et un marché, on commence à le savoir, ça n’a pas d’états d’âme. Pourquoi dès lors s’encombrer du souci de quelques centaines ou milliers de condamnés, dont le supplice constitue un spectacle réjouissant pour les aimables habitants de ce grand pays plein d’avenir ?

D’autant que, par souci d’humanité, son gouvernement a décidé que désormais les prélèvements d’organes sur les cadavres des suppliciés ne pourraient plus être effectués sans l’accord exprès de ceux-ci. On n’arrête pas le progrès des droits de l’homme dans l’Empire du Milieu. Il n’est pas dit que les profits découlant du commerce de ces organes sont redistribués aux familles de ceux qui les ont fournis, de quoi compenser la facture de l’exécution que celles-ci reçoivent, car il n’y a pas de raison que, pas plus que tout autre sport, celui des mises à mort reste gratuit. D’ailleurs Jacques Rogge n’a jamais dit qu’il ne fallait pas mêler le sport au commerce.

Source : La Libre Belgique. Claude Javeau. Chroniqueur.

Siège du gouvernement du dalaï-lama en exil, la petite ville de Dharamsala, dans le nord de l’Inde, accueille depuis le 24 mai 2008 les premières olympiades cent pour cent tibétaines dans une atmosphère bon enfant. 

Une heure de yoga pour s’échauffer, avant le petit-déjeuner. Les athlètes de Bouddha font d’abord transpirer leur esprit, avant (éventuellement) de faire travailler leurs muscles. Chacun a ses psychologues et son entraînement de l’âme. Ce sont les jeux de ceux qui ne peuvent jouer. Les jeux des exilés, expulsés de chez eux, sans nationalité ni passeport, de ceux qui ne peuvent se rendre à Pékin car leur drapeau n’y est pas admis. Ici, nul besoin de gymnase : c’est dans le temple que l’on médite et que l’on prie. C’est ici, à Dharamsala, petite ville de l’Inde du nord, où le dalaï-lama s’est exilé en 1959 et où vivent 80 000 réfugiés du Tibet, qu’ont commencé hier les premiers – et peut-être derniers – jeux olympiques tibétains.

Il s’agit de montrer au monde que même les Tibétains peuvent – et doivent – faire du sport. Le sport est pourtant interdit aux moines bouddhistes : les hautes autorités religieuses considèrent le football et le basket comme de dangereuses distractions. Le village olympique consiste en tout et pour tout en une modeste pension de famille : lits de camp, WC collectifs, gros cadenas, et, au déjeuner, mangues, pastèques et papayes en guise de compléments alimentaires. Pourtant, presque tous les participants possèdent un téléphone portable. Leur slogan : « Un monde, plusieurs rêves », fait écho – non sans polémique – à celui des Jeux de Pékin : « One World, One Dream ». Hier, on a commencé par le tir à l’arc, puis on poursuit avec la course de fond : comme il n’y a pas de stade, on court du temple Tsuglag-khang au village de Naddi ; ensuite, les épreuves de natation se dérouleront dans la petite piscine d’une auberge, avant les six épreuves d’athlétisme. Les hommes et les femmes sont séparés, mais chaque concurrent est tenu de participer à toutes les compétitions. Les participants doivent avoir entre 15 et 30 ans. L’équipement ressemble à celui d’une fête de village : quatre fusils à air comprimé et dix javelots en bambou, loués à une école. Les survêtements – rouges pour les hommes, blancs pour les femmes – fournis par une société indienne sont en synthétique : on transpire rien que de les voir. A Dharamsala, la chaleur est étouffante et humide : le matin, la ville est sous la brume, et il pleut l’après-midi. Le médecin ? Une vétérinaire australienne, Catherine Shuetze, également responsable des finances.

Le Pierre de Coubertin tibétain s’appelle Lobsang Wangyal, et il n’est pas baron : il a 38 ans, mais en déclare 42 quand il est en présence d’une femme (« L’homme mûr a plus de chances », dit-il). Il est né à Orissa, dans l’est de l’Inde, où ses parents ont émigré en 1959. Il se présente comme un impresario, il a d’ailleurs une maison de production. C’est lui qui a organisé Miss Tibet, un concours de beauté qui a réuni six participantes.
Lobsang n’est pas moine, il s’habille comme un acteur : chemise orange, jean, faux sabots crocs rose et lunettes de soleil rose, queue-de-cheval et boucle d’oreille. « Cette idée m’est venue en 2001, quand les Jeux olympiques ont été attribués à Pékin. J’étais très heureux pour le peuple chinois qui mérite cet événement. Je ne suis pas pour le boycott, je suis pour les athlètes. Ce sont leurs Jeux ; mais ce ne sont pas les Jeux du gouvernement chinois, qui détruit l’environnement et les hommes avec sa politique désastreuse. Alors je me suis dit : nous qui ne pouvons pas participer aux JO, au lieu de nous apitoyer sur notre sort, essayons d’organiser nos propres jeux. Je me suis renseigné : la tradition tibétaine prévoit des épreuves de soulèvement de rochers et des courses à cheval. Mais soulever des pierres est épuisant, et qui sait encore monter à cheval de nos jours ? J’ai donc choisi d’autres épreuves : en athlétisme, le 80 mètres sans obstacles, parce que notre région est montagneuse et n’offre pas de ligne droite longue de 100 mètres. Pour la natation, j’ai trouvé une piscine de moins de 20 mètres : aucun style n’est imposé, il suffit de faire des longueurs. »

Le dalaï-lama n’a pas eu vent de cette initiative, alors qu’il vit ici : « Je ne vais pas aller le déranger pour ça ! C’est une haute personnalité, il voyage dans le monde entier, il a d’autres interlocuteurs. Et je ne cherche pas spécialement à avoir son approbation. D’ailleurs, les moines déconseillent les jeux de ballon : ils disent qu’on shoote sur la tête de Bouddha. En réalité, on joue en cachette. Je me suis simplement inquiété de savoir si le Comité international olympique pouvait me faire un procès parce que j’ai employé l’expression « jeux olympiques » (au début, je voulais appeler ces jeux Tibetan Olimpia). Notre flamme s’est déplacée dans douze villes : elle n’a pas apporté la misère, mais la joie. Beaucoup de gens m’ont soutenu, mais peu de partenaires ont accepté de m’aider : tout le monde a peur de se mettre la Chine à dos. Seul le ténor Luciano Pavarotti [décédé en septembre 2007] finançait généreusement nos écoles. Je remercie Ruthie, de Seattle, qui a fait le don le plus important : 2 000 dollars. Aujourd’hui, je n’ai que 400 dollars en poche. J’espère gagner de l’argent avec la vente de gadgets, de tee-shirts et de billets. Les médailles ont un prix : 2 500 dollars pour l’or, 1 250 pour l’argent et 625 pour le bronze. Je ne sais pas si j’arriverai à trouver tout cet argent. Mais le plus important, c’est de nous moderniser. Mon père est mort d’une cirrhose du foie, il buvait trop. Notre style de vie doit changer : moins de viande séchée et d’aliments fermentés, plus de légumes et de céréales. La santé, c’est très important. »

On attendait 29 concurrents ; pour l’instant, on ne compte que 13 hommes et 7 femmes. Yangchen Palno Artsa, femme mariée de 27 ans, vient de Delhi, où elle tient une boutique d’art tibétain. Elle dit qu’elle a fait du sport à l’école, puis qu’elle a arrêté, parce qu’elle devait gagner sa vie. Elle espère obtenir un bon score dans la course à obstacles. Tashi Yengzom, 24 ans, est née à Tingree, en Inde ; elle vient juste participer, elle ne pense pas être performante. Dolkar Tso, vingt ans, vient d’Amdo Golog ; elle porte autour du cou un rang de perles avec l’image du dalaï-Lama. Les jeunes femmes portent des bagues, des boucles d’oreilles, du vernis à ongles,mais elles restent timides. Les hommes ont du gel dans les cheveux et portent des tee-shirts (de contrefaçon) à la mode. Ten Chanpel, 26 ans, vit à Delhi. Il se vante de pouvoir courir le 100 mètres en 11 secondes : qu’importe si c’est un mensonge. Dawa Tashi, 24 ans, est le plus athlétique, peut-être parce qu’il est guide de montagne : il fait du trekking dans le Ladakh [région du Cachemire] et grimpe jusqu’à 6 000 mètres. Il dit qu’il peut marcher 50 km par jour et qu’il est habitué à nager dans les fleuves. Il y a également un moine, le seul de l’équipe : Tenzin Leksmey, 25 ans, peu coutumier du survêtement. Il vient du monastère de Sera, dans le nord de l’Inde, il aime courir, sauter et jouer au foot. Enfin, il y a Gyatso, 28 ans, fils de bergers nomades, né dans le Kham [dans l’est du Tibet] ; il vit de petits commerces à Delhi, et il est passionné de foot, lui aussi rêve de David Beckham. Son seul record à l’heure actuelle est d’avoir fui le Tibet (en passant par le Népal), en marchant, de nuit, pendant vingt-quatre jours.

Source : Courrier International.

Ichar

L’objectif de TOKSPO qui signifie amitié en tibétain est de participer, aux côtés de nos amis Zanskarpas, au développement durable du petit village de Ichar situé au ZANSKAR et de sa vallée, une zone retirée de l’Himalaya indien. et en particulier d’aider à la scolarisation des enfants. L’association Tokspo a été créée en mars 2007, par des membres du Club Alpin Français de Faverges, après plusieurs voyages effectués au Zanskar.

En 2006, à l’occasion d’un trekking au Zanskar, nous avons fait la connaissance de Stanzin Gayzang et de Tachi Tsering.  Sur le chemin qui nous ramenait du monastère de Phuktal à Padum, ils nous ont invités à nous arrêter quelques jours dans leur village de Ichar où nous avons été reçus dans leurs familles. C’est alors qu’est née l’idée de créer en France une association pour participer, à leurs côtés, au développement de leur village.

A cette époque, les villageois désiraient construire un internat pour les élèves de l’école publique qui accueillait une soixantaine d’enfants, dont certains originaires de villages éloignés de un à trois jours de marche. Dans ce cas, les enfants étaient hébergés dans des « familles d’accueil ». Avec cet « hostel », ils espéraient pouvoir recevoir encore un peu plus d’élèves et assurer ainsi l’avenir de leur école qui par ailleurs fonctionnait très bien, animée par de jeunes instituteurs zanskaris motivés.

En mars 2007, l’association « Tokspo – Amitié France Ichar Zanskar » fut ainsi créée, et ses statuts furent déposés à la préfecture d’Annecy, en Haute-Savoie. Un diaporama d’André Rosset, sur le Pakistan et le Ladakh, fut organisé à la Soierie de Faverges pour marquer cette création. Très vite plusieurs dizaines d’adhérents ont répondu à notre appel, dont un nombre important de membres du Club Alpin de Faverges.

Pour commencer à réunir les fonds nécessaires, les premières « actions » ont été organisées : vente de pains lors du marché de Combloux en juillet, ou à l’occasion de l’assemblée générale du CAF, en novembre, participation au marché de Noël de Faverges en décembre,…

En savoir plus : www.tokspo.org

Sur le même sujet : Millet Expédition Project – Zanskar 2007