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Près du village de Korzok (Ladakh)Une étude menée auprès des populations de montagne d’Ethiopie, du Pérou et du Tibet.
Nombreux sont les joueurs de l’Euro 2008 et les participants aux prochains Jeux olympiques qui se sont entraînés en altitude. De cette manière, les sportifs bénéficient d’un surcroît en oxygène lors de leur compétition. La pratique n’est ni nouvelle ni interdite, mais elle n’est pas sans danger sur le long terme. Hormis pour les personnes « adaptées génétiquement » aux conditions des sommets, indique une étude publiée dans « PLoS ONE »: « Adaptation and Mal-Adaptation to Ambient Hypoxia; Andean, Ethiopian and Himalayan Patterns. »

Ceux qui ont eu l’opportunité d’aller à des altitudes égales ou supérieures à 3000 mètres ont rapidement pu constater une difficulté à l’effort. Marcher paraît plus fatigant, l’essoufflement fait rapidement son apparition. À cette hauteur, la pression atmosphérique provoque une diminution partielle en oxygène qui réduit la tolérance à l’exercice physique. Face à ces nouveaux paramètres, l’organisme humain ne reste pas de marbre et s’adapte pour y répondre le mieux possible.

Cette adaptation se traduit par une augmentation de la production de globules rouges, les cellules assurant le transport de l’oxygène dans l’ensemble des tissus de l’organisme. C’est cette multiplication des globules qui est néfaste : le sang plus riche en hématies s’épaissit. Moins fluide, il circule moins bien, ce qui peut provoquer des maux de tête, des insomnies, de la fatigue et des troubles de la mémoire. Des complications plus graves, tels des œdèmes, sont également recensées. Il s’agit du mal aigu des montagnes. Cependant, certaines populations y sont moins sensibles.

L’équipe d’Otto Appenzeller, neuroscientifique à la Fondation de recherche du Nouveau-Mexique, s’est penchée sur cette susceptibilité chez des Éthiopiens, Péruviens et Tibétains vivant respectivement à 3600, 4300 et 4500 mètres. Pour ce faire, les scientifiques ont étudié une poignée de gènes connus pour leur implication dans l’adaptation à un environnement faible en oxygène. Pour chaque groupe, l’expression de ces gènes dans les globules blancs a été observée chez des personnes souffrant du mal aigu des montagnes (MAM) et chez des personnes ne ressentant pas les symptômes.

Les Éthiopiens mieux adaptés

Otto Appenzeller a constaté que les Éthiopiens possédaient un plus grand nombre de ces gènes que les deux autres peuples participant à l’étude. Parmi ceux-ci, il a identifié le gène PDP2 fortement lié au MAM. Les individus chez lesquels PDP2 s’exprime peu sont très sensibles au MAM. Il semblerait donc que ce gène aide les individus à s’acclimater à des concentrations plus faibles en oxygène. « PDP2 optimiserait l’action de l’oxygène dans la dégradation du glucose, principale molécule fournisseuse d’énergie utilisée par l’organisme », postulent les auteurs. De cette manière, ce gène limiterait les besoins en oxygène et donc la production de globules rouges.

Une question subsiste : pourquoi ce gène s’exprime principalement chez les Éthiopiens et donc chez les habitants vivant le plus bas ? Tout est une question d’adaptation évolutive. Les Éthiopiens se sont installés dans les montagnes avant les Tibétains et les Péruviens, l’évolution a donc eu plus de temps pour faire son travail.

 

Source : Le Soir

 

 

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